Ménage agricole VS Ménage non agricole

Le recensement général de la population Burundaise de 2023 vient de montrer que le Burundi est un pays agricole où 85,7 % des ménages ordinaires sont impliqués dans le secteur agricole.

Pour la plupart de ces 85,7 % des ménages agricoles, gagner un revenu vital est un défi au quotidien. Nombreuses sont les agripreneurs qui n’ont pas accès aux marchés rémunérateurs, aux intrants agricoles en qualité et en quantité, aux technologies, aux financements et aux connaissances actualisées dont elles auraient besoin pour développer durablement leurs activités agricoles, et ont des difficultés à vendre leurs produits à des prix raisonnables.

Ces contraintes enferment trop souvent les agripreneurs dans un cycle de pauvreté, perturbent les marchés, menacent directement la sécurité alimentaire du pays, malgré leur rôle vital dans l’économie burundaise.

En plus, les moyens publics consacrés dans l’agriculture sont insuffisants. La part du budget agricole a légèrement augmenté, passant de 6,7% (2014) à 9,11 % (2025), mais reste en dessous des 10 % du budget national consacré à l’agriculture requis par la Déclaration de Maputo (2003), ce qui fait que les défis persistent.

En effet, la contribution du secteur privé à la croissance au Burundi, est faible, à raison de 0,2 % entre 2019 et 2024, voire négative (- 0,5 % entre 2018 et 2021).

Le secteur privé devient alors un partenaire clé pour combler ce déficit, en :

  • Mobilisant des ressources financières, injecter des capitaux frais et financer des projets agricoles novateurs là où les fonds publics manquent, de l’irrigation aux unités de transformation.
  • Fournissant les intrants agricoles, formations et débouchés commerciaux en partenariat avec les agripreneurs.
  • Apportant technologies (des machines modernes, des semences améliorées, des outils numériques et des solutions de traçabilité) et savoir-faire, pour booster la productivité des exploitations familiales, réduire les pertes post-récolte et d’améliorer la qualité des produits.
  • Catalysant l’innovation tout au long de la chaîne de valeur agricole, et intégrer les petits producteurs dans des chaînes de valeur structurées.
  • Facilitant l’accès des agripreneurs aux marchés régionaux et internationaux plus rémunérateurs, et réduit les coûts logistiques pour les agriculteurs.
  • Formant des agripreneurs et des agriculteurs en bonnes pratiques agricoles, gestion d’entreprise, marketing, normes de qualité, etc.

Pour faire du secteur privé un moteur de prospérité agricole au Burundi, il faut :

  • Mettre en place un cadre incitatif à base d’exonérations fiscales, des garanties de prêts pour attirer les investisseurs vers les filières agricoles stratégiques.
  • Renforcer la collaboration public-privé-agripreneurs en co-créant des services adaptés aux besoins locaux et aux défis climatiques.
  • Ouvrir les marchés aux secteurs privés dans la vente des intrants agricoles.
  • s’appuyer sur la recherche en favorisant la collaboration du secteur privé avec les instituts de recherche agricole au Burundi, pour concevoir des produits agricoles améliorant la résilience et la productivité.

Un partenariat public-privé bien structuré dans l’agriculture burundaise peut accélérer la modernisation du secteur agricole, améliorer l’accès aux intrants agricoles, renforcer la sécurité alimentaire, stimuler les échanges agricoles et améliorer les revenus des petits producteurs.

Pour savoir plus comment le secteur privé est un acteur clé d’une agripreneuriat durable au Burundi, jetez un coup d’œil en cliquant ici