{"id":1142,"date":"2025-05-27T13:50:00","date_gmt":"2025-05-27T13:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/centrefordevelopmentgreatlakes.org\/?p=1142"},"modified":"2025-12-17T05:17:18","modified_gmt":"2025-12-17T05:17:18","slug":"burundi-nayons-pas-peur-de-la-mondialisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/centrefordevelopmentgreatlakes.org\/index.php\/2025\/05\/27\/burundi-nayons-pas-peur-de-la-mondialisation\/","title":{"rendered":"Burundi\u00a0: n\u2019ayons pas peur de la mondialisation\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans l&#8217;imaginaire collectif burundais, la mondialisation est souvent per\u00e7ue comme <\/strong><a href=\"https:\/\/fr.africanews.com\/2021\/07\/23\/le-burundi-suspend-les-operations-de-sept-societes-minieres\/\"><strong><u>une menace<\/u><\/strong><\/a><strong>, synonyme de pertes d&#8217;emploi, d&#8217;exploitation par les multinationales et d&#8217;accroissement des in\u00e9galit\u00e9s. Pourtant, selon notre coll\u00e8gue Emelyne Hakizimana, cette vision n\u00e9gative occulte les nombreux b\u00e9n\u00e9fices que peut apporter l&#8217;ouverture internationale pour le Burundi. D\u00e9cryptage.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Burundi, nombreux sont ceux qui attribuent la hausse du ch\u00f4mage \u00e0 la mondialisation. L\u2019id\u00e9e en creux est qu\u2019ils consid\u00e8rent que l\u2019ouverture de notre \u00e9conomie aux entreprises et produits des pays \u00e9mergents, <a href=\"https:\/\/fr.africanews.com\/2021\/07\/23\/le-burundi-suspend-les-operations-de-sept-societes-minieres\/\"><u>nuit<\/u><\/a>&nbsp;aux entreprises locales, et par ricochet, d\u00e9truit des emplois. Ce sentiment est renforc\u00e9 par un discours politique faisant porter \u00e0 la mondialisation, le poids de la crise \u00e9conomique du pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 des destructions d\u2019emplois, l\u2019int\u00e9gration du travailleur Burundais peu qualifi\u00e9 sur le march\u00e9 du travail, est d\u2019autant plus difficile compte tenu du manque de flexibilit\u00e9, de mobilit\u00e9 professionnelle et de formations adapt\u00e9es. Ainsi, le probl\u00e8me ne r\u00e9side donc pas dans la mondialisation elle-m\u00eame, mais dans les dysfonctionnements internes qui emp\u00eachent le Burundi de profiter pleinement de ses effets positifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les avantages \u00e9conomiques de la mondialisation<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mondialisation repose sur le principe de l&#8217;\u00e9change mutuellement b\u00e9n\u00e9fique. En permettant une meilleure allocation des ressources \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, elle augmente la productivit\u00e9 et r\u00e9duit les co\u00fbts de production. Cette dynamique se traduit par une baisse des prix pour les consommateurs, une hausse du pouvoir d&#8217;achat et, in fine, une stimulation de la demande et de la production. Ces m\u00e9canismes favorisent la cr\u00e9ation d&#8217;emplois dans les secteurs porteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, la mondialisation encourage l&#8217;innovation et la comp\u00e9titivit\u00e9. Les travailleurs sont incit\u00e9s \u00e0 renforcer leurs comp\u00e9tences pour rester comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 global, ce qui am\u00e9liore la qualit\u00e9 de la main-d&#8217;\u0153uvre et attire les investisseurs \u00e9trangers. Les progr\u00e8s technologiques et la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes sont autant d&#8217;atouts pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La mondialisation cr\u00e9e de l\u2019emploi<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un exemple concret qui illustre les bienfaits de la mondialisation en rapport avec l\u2019emploi au Burundi, est l\u2019implantation de la soci\u00e9t\u00e9 vietnamienne <a href=\"https:\/\/lumitel.bi\/\"><u>Lumitel<\/u><\/a>&nbsp;(du multinationale <a href=\"https:\/\/www.vietteltelecom.vn\/vx\/\"><u>Viettel<\/u><\/a>), qui a investi 200 millions de dollars dans le secteur des t\u00e9l\u00e9communications en 2014. En une d\u00e9cennie, cette entreprise a cr\u00e9\u00e9 60 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects, favorisant le transfert des technologies, tout en contribuant \u00e0 hauteur de 286,5 millions de dollars (5<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;grand contribuable au Burundi en 2020) au budget national via les imp\u00f4ts, contribuant ainsi au d\u00e9veloppement du Burundi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si la mondialisation offre des opportunit\u00e9s, le Burundi doit encore surmonter plusieurs obstacles pour en tirer pleinement profit. Selon Dr Ndorukwigira du <a href=\"https:\/\/www.centrefordevelopmentgreatlakes.org\/\"><u>CDE Great Lakes<\/u><\/a>, parmi ces d\u00e9fis, il y a \u00ab&nbsp;<em>le manque de r\u00e9formes structurelles face \u00e0 une \u00e9conomie trop rigide qui limite l&#8217;adaptation aux changements, la faible mobilit\u00e9 professionnelle o\u00f9 les travailleurs peu qualifi\u00e9s peinent \u00e0 se reconvertir, sans oublier certains discours politiques protectionnistes qui freinent l&#8217;ouverture \u00e9conomique<\/em>&nbsp;\u00bb. Pour y rem\u00e9dier, Dr Ndorukwigira pr\u00f4ne&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>la lib\u00e9ralisation des march\u00e9s pour permettre une baisse des prix et une meilleure comp\u00e9titivit\u00e9, promouvoir la formation professionnelle pour renforcer l&#8217;autonomie des travailleurs, et am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 en soutenant l&#8217;innovation et les infrastructures<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e9construire les id\u00e9es re\u00e7ues<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les Burundais qui affirment que les multinationales exploitent les travailleurs locaux, il faut noter que ces entreprises \u00e9trang\u00e8res sont soumises aux lois du pays d&#8217;accueil, en mati\u00e8re de droit du travail. Les employ\u00e9s signent des contrats en toute connaissance de cause, et ces accords contribuent souvent \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de travail gr\u00e2ce aux normes internationales. Quant \u00e0 l&#8217;argument des in\u00e9galit\u00e9s, il est important de rappeler que les salaires sont d\u00e9termin\u00e9s en fonction des comp\u00e9tences et de l&#8217;expertise de chacun. La mondialisation, en encourageant la formation et l&#8217;innovation, permet justement de r\u00e9duire ces disparit\u00e9s \u00e0 long terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mondialisation n&#8217;est pas une menace, mais une chance pour le Burundi. Les exemples comme celui de Lumitel prouvent que l&#8217;ouverture internationale cr\u00e9e des emplois et stimule la croissance \u00e9conomique. Plut\u00f4t que de craindre la mondialisation, le Burundi doit apprendre \u00e0 en exploiter le potentiel pour b\u00e2tir un avenir prosp\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l&#8217;imaginaire collectif burundais, la mondialisation est souvent per\u00e7ue comme une menace, synonyme de pertes d&#8217;emploi, d&#8217;exploitation par les multinationales et d&#8217;accroissement des in\u00e9galit\u00e9s. Pourtant, selon notre coll\u00e8gue Emelyne Hakizimana, cette vision n\u00e9gative occulte les nombreux b\u00e9n\u00e9fices que peut apporter l&#8217;ouverture internationale pour le Burundi. D\u00e9cryptage. Au Burundi, nombreux sont ceux qui attribuent la hausse du ch\u00f4mage \u00e0 la mondialisation. L\u2019id\u00e9e en creux est qu\u2019ils consid\u00e8rent que l\u2019ouverture de notre \u00e9conomie aux entreprises et produits des pays \u00e9mergents, nuit&nbsp;aux entreprises locales, et par ricochet, d\u00e9truit des emplois. Ce sentiment est renforc\u00e9 par un discours politique faisant porter \u00e0 la mondialisation, le poids de la crise \u00e9conomique du pays. Au-del\u00e0 des destructions d\u2019emplois, l\u2019int\u00e9gration du travailleur Burundais peu qualifi\u00e9 sur le march\u00e9 du travail, est d\u2019autant plus difficile compte tenu du manque de flexibilit\u00e9, de mobilit\u00e9 professionnelle et de formations adapt\u00e9es. Ainsi, le probl\u00e8me ne r\u00e9side donc pas dans la mondialisation elle-m\u00eame, mais dans les dysfonctionnements internes qui emp\u00eachent le Burundi de profiter pleinement de ses effets positifs. Les avantages \u00e9conomiques de la mondialisation La mondialisation repose sur le principe de l&#8217;\u00e9change mutuellement b\u00e9n\u00e9fique. En permettant une meilleure allocation des ressources \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, elle augmente la productivit\u00e9 et r\u00e9duit les co\u00fbts de production. Cette dynamique se traduit par une baisse des prix pour les consommateurs, une hausse du pouvoir d&#8217;achat et, in fine, une stimulation de la demande et de la production. Ces m\u00e9canismes favorisent la cr\u00e9ation d&#8217;emplois dans les secteurs porteurs. Par ailleurs, la mondialisation encourage l&#8217;innovation et la comp\u00e9titivit\u00e9. Les travailleurs sont incit\u00e9s \u00e0 renforcer leurs comp\u00e9tences pour rester comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 global, ce qui am\u00e9liore la qualit\u00e9 de la main-d&#8217;\u0153uvre et attire les investisseurs \u00e9trangers. Les progr\u00e8s technologiques et la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes sont autant d&#8217;atouts pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. La mondialisation cr\u00e9e de l\u2019emploi Un exemple concret qui illustre les bienfaits de la mondialisation en rapport avec l\u2019emploi au Burundi, est l\u2019implantation de la soci\u00e9t\u00e9 vietnamienne Lumitel&nbsp;(du multinationale Viettel), qui a investi 200 millions de dollars dans le secteur des t\u00e9l\u00e9communications en 2014. En une d\u00e9cennie, cette entreprise a cr\u00e9\u00e9 60 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects, favorisant le transfert des technologies, tout en contribuant \u00e0 hauteur de 286,5 millions de dollars (5\u00e8me&nbsp;grand contribuable au Burundi en 2020) au budget national via les imp\u00f4ts, contribuant ainsi au d\u00e9veloppement du Burundi. Si la mondialisation offre des opportunit\u00e9s, le Burundi doit encore surmonter plusieurs obstacles pour en tirer pleinement profit. Selon Dr Ndorukwigira du CDE Great Lakes, parmi ces d\u00e9fis, il y a \u00ab&nbsp;le manque de r\u00e9formes structurelles face \u00e0 une \u00e9conomie trop rigide qui limite l&#8217;adaptation aux changements, la faible mobilit\u00e9 professionnelle o\u00f9 les travailleurs peu qualifi\u00e9s peinent \u00e0 se reconvertir, sans oublier certains discours politiques protectionnistes qui freinent l&#8217;ouverture \u00e9conomique&nbsp;\u00bb. Pour y rem\u00e9dier, Dr Ndorukwigira pr\u00f4ne&nbsp;\u00ab&nbsp;la lib\u00e9ralisation des march\u00e9s pour permettre une baisse des prix et une meilleure comp\u00e9titivit\u00e9, promouvoir la formation professionnelle pour renforcer l&#8217;autonomie des travailleurs, et am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 en soutenant l&#8217;innovation et les infrastructures&nbsp;\u00bb. D\u00e9construire les id\u00e9es re\u00e7ues Pour les Burundais qui affirment que les multinationales exploitent les travailleurs locaux, il faut noter que ces entreprises \u00e9trang\u00e8res sont soumises aux lois du pays d&#8217;accueil, en mati\u00e8re de droit du travail. Les employ\u00e9s signent des contrats en toute connaissance de cause, et ces accords contribuent souvent \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de travail gr\u00e2ce aux normes internationales. Quant \u00e0 l&#8217;argument des in\u00e9galit\u00e9s, il est important de rappeler que les salaires sont d\u00e9termin\u00e9s en fonction des comp\u00e9tences et de l&#8217;expertise de chacun. La mondialisation, en encourageant la formation et l&#8217;innovation, permet justement de r\u00e9duire ces disparit\u00e9s \u00e0 long terme. La mondialisation n&#8217;est pas une menace, mais une chance pour le Burundi. Les exemples comme celui de Lumitel prouvent que l&#8217;ouverture internationale cr\u00e9e des emplois et stimule la croissance \u00e9conomique. 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En une d\u00e9cennie, cette entreprise a cr\u00e9\u00e9 60 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects, favorisant le transfert des technologies, tout en contribuant \u00e0 hauteur de 286,5 millions de dollars (5\u00e8me&nbsp;grand contribuable au Burundi en 2020) au budget national via les imp\u00f4ts, contribuant ainsi au d\u00e9veloppement du Burundi. Si la mondialisation offre des opportunit\u00e9s, le Burundi doit encore surmonter plusieurs obstacles pour en tirer pleinement profit. Selon Dr Ndorukwigira du CDE Great Lakes, parmi ces d\u00e9fis, il y a \u00ab&nbsp;le manque de r\u00e9formes structurelles face \u00e0 une \u00e9conomie trop rigide qui limite l&#8217;adaptation aux changements, la faible mobilit\u00e9 professionnelle o\u00f9 les travailleurs peu qualifi\u00e9s peinent \u00e0 se reconvertir, sans oublier certains discours politiques protectionnistes qui freinent l&#8217;ouverture \u00e9conomique&nbsp;\u00bb. 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