Le ministère chargé de la sécurité publique vient de sortir une lettre circulaire interdisant la commercialisation des boissons de plus de 20% de concentration en alcool vendues dans des bouteilles en plastique. Pour notre collègue Jonathan Ndikumana, cela bouscule l’activité commerciale. 

Les boissons fortement alcoolisées et emballées dans des bouteilles en plastique sont désormais prohibées sur le marché national.La lettre circulaire sortie par le ministère de l’intérieur reprend fidèlement les mêmes propos pour justifier cette mesure. « Les témoignages et les lamentations recueillis auprès de la population confirment que ces produits provoquent des effets négatifs sur la santé de la population », lit-on dans la lettre circulaire du ministère qui clarifie que ces boissons ont un impact négatif sur la croissance économique.

En effet, lors de sa rencontre avec les administratifs locaux et la police de la province de Gitega le 13 juillet 2021, Sabine Ntakarutimana, première vice-présidente de l’Assemblée Nationale a reçu des doléances accusant la liqueur Karibu d’avoir des impacts négatifs sur la société. “La liqueur Karibu, bien qu’elle soit reconnue légalement, occasionne des méfaits graves tant aux consommateurs qu’à la société”, a mentionné le reporter de l’Agence Burundaise de Presse citant les paroles d’un des intervenants. 

Pour une certaine opinion,le bannissement de ces boissons« made in Burundi »du marché serait injuste car, personne ne s’en offre de force. Pour ces derniers, il est injuste d’imposer ou d’éviter le choix au consommateur.

Quid du coût  de la défaillance des institutions

Fabriquées et commercialisées sur le territoire national depuis des années, ces boissons devaient plutôt inspirer déjà une certaine confiance  auprès des consommateurs locaux. Ce qui n’est pas le cas. A voir ses missions entre autres l’établissement et le maintien des services d’évaluation et d’inspection, le BBN a failli dans sa mission. La question est: pourquoi ces boissons accusés de tous les maux ont été autorisées sur le marché? Visiblement, le BBN n’a pas fait son travail à temps.  Même si cette institution avait fini par recommander aux producteurs de changer d’emballage pour des boissons de plus de 16.5%de teneur en alcool dans son communiqué du 30 août 2021,des zones d’ombres subsistent autour de la première autorisation de la mise en vente de ces produits. 

En effet, si cette mesure est salutaire pour la santé publique, elle vient perturber les activités de petits commerçants qui doivent subir une perte. En effet, il faut dire qu’arrêter la commercialisation d’un produit déjà sur le marché, quel qu’en soit le temps que cela prenne, est une des façons de  plomber l’activité entrepreneuriale. De telles mesures pénalisent les entrepreneurs et cela affecte le développement. 

La rigueur pour éviter les pertes liées à la pénalisation

Pour éviter des ruptures non souhaitées  au niveau des activités commerciales, les institutions comme le BBN doivent bien accomplir leurs missions et le gouvernement doit poursuivre sa politique de lutte contre la corruption. Tout de même, l’Etat doit mobiliser des fonds nécessaires pour permettre au BBN de bien accomplir sa mission. En effet, l’insuffisance des fonds alloués au fonctionnement de cette institution porte atteinte à son indépendance et à son activité.

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