Bien que l’électricité soit un préalable pour que les entreprises fleurissent, le Burundi observe toujours un déficit énergétique jusqu’à nos jours. Un débit de 40 MW manque pour couvrir la demande actuelle. Et avec la politique d’urbanisation, la demande en électricité ne cesse de croitre. De quoi augmenter les besoins en énergie à un rythme effréné. Le point avec notre collègue Janvier Cishahayo. 

La production actuelle de l’énergie électrique oscille autour de 70 MW par jour alors que la Régie de production et de commercialisation de l’eau et de l’électricité (REGIDESO) a besoin d’au moins 120 MW par jour pour couvrir la demande. Seules Bujumbura et Gitega sont les deux villes qui possèdent un service municipal d’électricité. C’est au moment où la production totale d’électricité au niveau national est estimée à 155 GWh, dont 154 GWh en provenance de sources hydroélectriques. Le reste provenant de la géothermie et des unités thermiques. 

Un hic pour les entreprises

Qu’elles soient commerciales, industrielles ou semi-industrielles, les entreprises ne peuvent pas bien fonctionner sans électricité. D’ailleurs, beau nombre d’entreprises minières ont du mal à démarrer de grands travaux par manque d’énergie électrique suffisant. 

La maintenance du réseau électrique mine aussi le développement de l’entreprise au Burundi. Il suffit qu’un aléa climatique touche une région pour qu’il impacte son activité entrepreneuriale, surtout celui de petits entrepreneurs. A Kanyosha, au Sud de la Capitale économique Bujumbura, Jean de Dieu NDIKUMWENAYO a depuis 2019 ouvert une boutique. Mais en conséquence des intempéries qui ont touché cette zone, un mat supportant une ligne de raccordement de la REGIDESO a lâché emportant une partie de la toiture de sa boutique. NDIKUMANANA d’un air désolant confie : ‘’ Les infrastructures défectueuses de la REGIDESO parfois nous causent de la peine. Si ce mat qui présentait des signes de vieillissement depuis un moment avait été remplacé à temps, ce drame aurait été évité. Je suis obligé de faire encore plus de dépenses alors que j’ai une dette à rembourser à la banque. Je demanderais la REGIDESO de veiller à remplacer à temps ses installations surtout les mats en bois qui supporte les lignes de raccordement dans les quartiers’’.

Avec leur effectivité, certaines actions continueront à gonfler les besoins en énergie électrique. La récente mesure prise par l’administration de la Mairie de Bujumbura devrait booster la consommation énergétique dans la ville. ‘’Une amande de 100000BIF et plus sera infligée à tout propriétaire de maisons de la ville de Bujumbura qui n’aura pas installé un éclairage sur les clôtures’’. Des consommations en ascendance, nécessitant l’attrait de nouveaux investisseurs dans le secteur pour combler ce déficit.

Satisfaire la demande à tout prix

L’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire reste un défi de taille. Pour y pallier, il y a moyens d’exonérer les mini-réseaux solaires n’ayant pas seulement le potentiel d’apporter de l’électricité sur de nouveaux marchés, mais également pouvant remplacer les générateurs diesel nocifs. Du coup, cela permettrait aux petits entrepreneurs de se procurer des mini-réseaux solaires et de développer leurs affaires. De plus, en raison de l’obsolescence et du manque d’entretien des ouvrages de production, de transport et de distribution, la REGIDESO devrait veiller à intervenir à temps pour de probables réparations afin d’éviter des pertes dans le peu d’énergies disponible, et d’éviter des accidents.

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