Il est interdit de cultiver le riz à titre individuel dans les marais aménagés de la Province Ngozi. L’annonce a été faite mercredi le 07 Avril 2021 par le gouverneur de cette province lors de sa visite dans les marais rizicoles aménagés. Depuis, seules les coopératives sont habilitées à exploiter ces espaces. Injuste pour notre collègue Janvier  Cishahayo  pour qui la liberté devrait  primer.

Pour les responsables de la Province, la production privée des ménages favoriserait la faible production qui s’observe dans les marais aménagés. D’où l’urgence de se regrouper dans les coopératives pour une production plus soutenue. Epipode BARANYIKWA, Gouverneur de la Province Ngozi indique: ‘’ Nous privilégions l’exploitation des marais par les coopératives car cela facilitera le suivi, l’évaluation, et l’apport de soutien aux riziculteurs. Nous interpellons les riziculteurs à se regrouper dans les coopératives pour continuer à exploiter ses propriétés’’.

L’annonce du gouverneur n’a pas fait l’unanimité au sein de la masse paysanne exploitant ces marais rizicoles. Des interrogations persistent quant à l’avenir de leurs exploitations. Antoine NGOMIRAKIZA père de 6 enfants cultive le riz depuis  quatre ans. Il se demande pourquoi on veut lui enlever le droit d’exploiter sa propriété alors que les coopératives possèdent les moyens de louer leurs propriétés.

’Les coopératives ont reçu de la part de l’Etat des prêts équivalents à 10 millions BIF. Pourquoi ne devaient-elles pas louer leurs propres terrains pour mener leurs activités. J’ai peur qu’avec la production en association, la liberté de produire et la gestion de la récolte me soit retiré. La culture du maïs dans ces marais était notre principale source de revenu’’, dit-il.

Anne MUGIRANEZA, une sexagénaire et rizicultrice dans ses marais aménagés, se demande si la production en coopérative devrait être privilégiée au détriment de la production privée: ‘’ Y aurait-il une étude qui a été faite pour connaitre si la production en association devrait donner plus de résultats et du coup primée sur la production privée. Je pense que cette étude devrait éclairer les riziculteurs sur les bons choix à faire. Et qu’en est-il de l’incidence de la production en coopérative sur la production des ménages ? La production dans les coopératives ne va-t-elle pas limiter le droit d’accès à nos récoltes ? ’’, se demande-t-elle.

Liberté  contre monopole 

Il est vrai que la production en coopérative permet de réunir les forces et d’aboutir parfois à des résultats probants. Mais, à mon humble avis, les coopératives ne devraient pas monopoliser le droit à la production. On devrait par ailleurs organiser des formations à l’endroit de tous les riziculteurs (en coopérative ou non)sur les bonnes pratiques agricoles, faire le suivi et l’accompagnement. Ceci permettra d’accroitre la production tout en laissant le libre choix d’adhérer ou non dans les coopératives car seule la compétitivité  permettra de booster la demande et presser la production. Le libre choix de produire devrait primer sur le monopole car ce dernier  handicape les lois du marché et influe négativement sur la croissance économique. 

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