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Au Burundi, les produits vendus lors du commerce transfrontalier sont produits par des entreprises burundaises. Et pour que ces produits puissent gagner la concurrence sur les ces marchés hors frontaliers, notre collègue Païnette Niyongere mise sur la compétitivité des entreprises Burundaises.

Le commerce transfrontalier étant relégué à la petite échelle au Burundi, la solution est à chercher aussi du côté de la compétitivité de nos entreprises. En effet, une entreprise est compétitive quand elle gagne des parts de marché. Comme le marché transfrontalier dans notre cas, via les petites commerçantes transfrontalières. Et le succès de ce commerce dépend de la satisfaction du consommateur hors frontières, en toute liberté concurrentielle avec les produits locaux. Ainsi, les entreprises burundaises et celles des pays frontaliers entrent en concurrence les unes avec les autres via ce commerce transfrontalier. Et c’est une évidence, les moins performantes sont éliminées.

Quid des entreprises Burundaises ?

Avec la 135ème place dans l’indice 2019 de compétitivité mondiale, le Burundi affiche un déficit de compétitivité. Et cela n’est pas sans conséquences sur nos entreprises. Il y a trois principaux facteurs à l’origine de ce déficit de compétitivité.

Primo, les marchés sont pervertis par les monopoles. La principale raison de ce déficit réside dans les monopoles sur les marchés. Là, je cite le marché de sucre, l’engrais chimique, le ciment Buceco,… Les entreprises burundaises entretiennent, à des degrés divers, des relations malsaines entre les hommes politiques et les hommes d’affaires, ce qui favorise le contrôle des moyens de production par un petit nombre d’entreprises. La meilleure situation devrait être un espace ouvert permettant aux entrepreneurs ou aux entreprises intéressés de se faire concurrence d’abord au Burundi, pour pouvoir se faire concurrence sur le marché hors frontalier.

Secundo, il y a une faible innovation. Le grand avantage d’un marché concurrentiel est de favoriser l’innovation, ce processus de génération d’idées visant à maximiser les gains tirés des investissements. Alors que le reste du monde met régulièrement à jour ses dernières innovations en matière de robotique et d’intelligence artificielle, le Burundi n’a réussi à intégrer la science et la technologie dans ses systèmes entrepreneuriaux ce qui pénalise divers produits sur le marché hors frontalier.

Tertio, c’est l’hostilité de l’environnement des affaires. Cela signifie, en particulier, que les lois et réglementations régissant le business sont rigides, sans oublier la corruption et la concurrence déloyale. Et tout cela constitue un handicap majeur pour la compétitivité des entreprises.

Or, un environnement juridique, réglementaire et administratif « favorable » aux entreprises est un environnement dans lequel les droits de propriété sont clairement établis, l’exécution des contrats assurée, un système fiscal simple et transparent, des formalités d’immatriculation simples et peu coûteuses et pouvant être effectuées à distance via Internet, où la réglementation du travail est équilibrée et flexible, où les PME qu’elles exportent ou qu’elles importent ont affaire à une administration douanière dont le fonctionnement applique des procédures simplifiées, efficaces et transparentes, et où la réglementation du secteur financier tient compte des contraintes spécifiques aux PME comme en ces temps de Covid-19.

Améliorer la compétitivité des entreprises burundaises nécessite de prendre à bras-le-corps ces trois entraves. Cela se répercutera positivement sur le commerce transfrontalier, qui en tirera profit car, les produits Burundais seront mieux vendus que les produits locaux hors frontières.

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