Burundi : pour quelle taille du gouvernement ?

Dans le cadre de la campagne Mfashakumenya, le CDE organisait une table ronde sur l’amélioration de la liberté économique du peuple burundais par la maîtrise de la taille du gouvernement. Cette table ronde a réuni un groupe restreint de participants provenant des secteurs public et privé et de certains membres des groupes  techniques de travail  dans le cadre des  réformes du Doing Business ainsi que les professionnels des médias. 

La table ronde commencera avec le mot d’accueil du Directeur Exécutif du  CDE, Aimable Manirakiza. 

Il sera suivi par  le représentant  de  l’API, Serges Nsabimana,   qui, dans son  mot d’ouverture rappellera que cette table  ronde s’inscrit dans  le cadre du Mfashakumenya Forum

Que dire de la taille du gouvernement au Burundi ?

Pour Martin Banyiyezako, consultant du jour, la taille du gouvernement   mesure les dépenses, la fiscalité et la taille des entreprises contrôlées par le gouvernement, si elles augmentent, le processus décisionnel lié au choix individuel et par conséquent  la liberté économique s’en trouve réduite. Par ailleurs, il  est prouvé que des dépenses publiques  et des impôts trop élevés peuvent bloquer le financement d’autres activités économiques et limiter la liberté économique des citoyens. 

En effet, continue le consultant, lorsque les dépenses  publiques  augmentent par rapport aux dépenses des particuliers, des ménages et des entreprises, la prise de décision gouvernementale se substitue au choix personnel et la liberté économique est réduite. 

En gros, selon toujours le consultant, la taille du Gouvernement est appréhendée sous quatre composantes à savoir la consommation du gouvernement, mesurée comme les dépenses de consommation des administrations publiques en pourcentage de la consommation totale ; le niveau de Transferts et subventions mesurée en transferts publics et subventions en pourcentage du PIB ; la part des investissements publics dans le total de l’investissement total du pays ; le Taux d’imposition marginal le plus élevé ainsi que le degré auquel l’État possède et contrôle le capital dans les secteurs industriel, agricole et secteurs des services.

Quel score ?

A l’issue de sa présentation, Martin Banyiyezako notera que le Burundi a reçu, en 2019, une note de 7,47 alors que la moyenne mondiale est de 5,65 et celle de l’Afrique de 6,49. 

Sur  l’importance des Transferts et subventions, il enregistre  une note maximale de 10 avec un ratio, transferts et subventions totaux sur le PIB, de 0,47% tandis que pour l’indicateur de possession d’Entreprises publiques et investissements, le Burundi a reçu une note de 7 en liaison avec son ratio, investissement public sur l’investissement total égal à 22,47% contre 27,1% et 32,94 respectivement comme moyenne mondiale et africaine.

Pour l’indicateur de possession du droit de propriété sur les actifs (y compris la terre) par l’État, le Burundi a reçu une note de 3,63 de loin inférieure à note moyenne du monde (6,23), d’Afrique (6,52). Ce qui signifie  que le Burundi exerce  trop de contrôle direct sur l’économie et donc dispose d’une plus grande propriété sur les actifs.

Enfin, point  fort de la table ronde, les travaux en groupe  pour se pencher aux recommandations à formuler pour améliorer le score du Burundi. Des recommandations  dont le gros appelle  à la réduction des dépenses, à la privatisation pour limiter ces  dépenses.     

Au consultant du jour de conclure que des  efforts restent à consentir, particulièrement en matière de « propriété d’Actifs par l’Etat » où le Burundi dispose d’un score trop faible, ce qui  laisse penser que le secteur privé dispose de trop peu d’espace pour se développer et créer de la prospérité.