La Burundaise et la création d’entreprise : oui, birashoboka


Le 04 septembre 2020 au Burundi, il y a eu lancement du forum de haut niveau des femmes leaders par la première dame du Burundi qui est à la tête de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement. L’objectif du forum était d’évaluer le rôle des femmes dans l’autonomisation économique. En analysant cette autonomisation économique au Burundi, notre collègue Païnette Niyongere puise dans la campagne Birashoboka et note une avancée timide, mais palpable.
Devenir chef d’entreprise, et surtout le rester, est un rêve difficilement accessible pour les femmes. Pourtant, les femmes burundaises commencent à sortir de leur cocon, à briser la peur et à se lancer timidement au nom de leur autonomisation économique. Selon l’Agence pour la Promotion des Investissements, parmi les entreprises enregistrées pendant la période 2018-2019, 18 % appartenaient aux femmes. Avec le 1er trimestre de 2020, le taux était de 29 %. Une avancée palpable. Et pas que dans la création d’entreprises, les femmes dominent aussi jusqu’à 80 % le commerce transfrontalier.
Même l’indice du rapport « Les femmes, l’entreprise et le droit » de 2019, le témoigne. Le Burundi avait un score de 73,13 %, sur un score mondial moyen de 75,2 %. Pour 2020, le Burundi a su garder cette place avec un score de 73,1 %.
Des avancées, mais…
La contribution de l’entrepreneuriat féminin pour l’autonomisation économique de la femme burundaise ne fait plus de doute. Malgré cela, les obstacles ne manquent pas. Selon une récente étude du FMI, le manque de capital, le choix du secteur d’activité, les distorsions fiscales, discriminations, manque d’information et facteurs socioculturels, persistent encore comme obstacles au Burundi.
Voyons par exemple. Le fait que les femmes aient moins accès aux actifs affecte leur capacité à obtenir des prêts de taille moyenne et donc la croissance de leurs entreprises. Dans les villes, les petits commerces de fruits, épices et légumes sont tenus par les femmes. Et si ces femmes qui, à partir d’un capital de 10 000 francs, parviennent à nourrir une famille, imaginez ce qu’elles pourront faire avec dix fois plus !
Dans la mesure où les femmes apportent de nouvelles compétences au monde du travail, l’augmentation de leur participation dans l’entrepreneuriat (moyennant la réduction des obstacles qui s’y opposent) entraîne une amélioration de la productivité et une accélération de la croissance. Il incombe donc aux décideurs de tout faire pour lever d’urgence ces obstacles. Cela passera par la réduction des disparités femmes–hommes dans l’entrepreneuriat, notamment la promulgation de lois assurant aux femmes l’égalité des droits d’accès à la propriété et au crédit, sans oublier de soutenir l’État de droit grâce à laquelle la Burundaise pourra atteindre des niveaux d’éducation et des revenus plus élevés.

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