Avec la nouvelle tolérance zéro face à la corruption policière, Fungua Njia marque un point

Parmi les contraintes du commerce transfrontalier au Burundi, la corruption policière sur les frontières se taille la part du lion. Alors que la campagne Fungua Njia n’a ménagé aucun effort pour alerter cette entrave, notre collègue Francis Cubahiro voit dans les nouvelles mesures de lutte contre la corruption, l’entendement des cris de Fungua Njia.

« Rendez service aux citoyens sans rien exiger du point de vue corruption, sinon je n’aurai pas de pitié », disait le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité dans le gouvernement Ndayishimiye. Pour lui, face à la corruption, ce sera la tolérance Zéro. Une lueur d’espoir pour le commerce transfrontalier chez qui, pour passer la frontière, la corruption est devenue monnaie courante.

 En effet, selon les témoignages sur terrain, les agents de la police ne laissent pas les commerçants transfrontaliers traverser la frontière que s’ils paient des pots-de-vin pour éviter la saisie de leurs marchandises. Elles sont obligées à payer de l’argent pour exercer tranquillement leur commerce, ce qui a des répercussions sur leur maigre revenu.

La voix des sans voix

Face à ces défis qui font du commerce transfrontalier un secteur informel, le CDE en partenariat avec Atlas network, n’est pas restés bouche-bé. Pour rappel, dans l’indice du Doing Business 2020, le Burundi est classé 169ème au monde sur l’aspect « facilitation du commerce transfrontalier », une place de loin inférieur dans la facilité des échanges transfrontaliers.

Ayant diagnostiqué cette plaie de corruption qui gangrène la police des frontières, et par ricochet, entrave le commerce transfrontalier, le CDE a travaillé avec l’Agence burundaise de Promotion des Investissements, et avec les différents ministères du gouvernement par nombres échanges, débats, policy brief et ateliers, pour porter haut la voix contre cette corruption et quoi faire dans les instances réformateurs, via le projet Fungua Njia.

Et la réforme n’a pas tardé

La machine n’a pas traîné à se mettre en marche. Le vendredi 24 juillet, la police présentait à la presse une trentaine de personnes dont près d’une vingtaine de policiers accusés d’extorsion, de corruption, de vol à main armée ou de viol. Des maux qui handicapent le commerce transfrontalier. Et pour éradiquer le mal, ces policiers appréhendés ont été immédiatement révoqués de la police.

Par-là, la réduction des barrières policières sur les frontières s’opèrent. Ce qui donne des ailes à la campagne Fungua Njia qui peut affirmer que l’un des objectifs de ce projet vient d’être atteint. Et dans un pays comme le Burundi, qui occupe la 19ème place des pays les plus corrompus au monde selon le classement de l’Organisation Transparency International de 2019, et qui n’a pas de ministère de la bonne gouvernance, cela porte un espoir pour faire décoller ce commerce transfrontalier. 

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