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Alors que le Burundi savourait la résurrection du libre-échange en ces temps de Covid-19, via l’ouverture des frontières pour l’entrée des marchandises, notre collègue Franck Arnaud Ndorukwigira estime que le libre-échange risque de se retrouver encore au point mort si le dépistage du Covid-19 n’est pas libéralisé.

Un petit rappel. Pour permettre la continuité de la libre circulation des biens en ces temps de Covid-19, tel que convenu au niveau de l’EAC, le Burundi a rouvert les frontières pour les camions et autres véhicules transportant les marchandises.

Avec cette réouverture des frontières, la situation était encore compliquée. Les camions étaient obligés d’attendre deux ou trois jours pour que le poste frontalier soit rempli, et que la police escorte les camions, sans aucune liberté de s’arrêter pour se soulager ou acheter de la nourriture ou de l’eau. La raison, limiter le contact des chauffeurs avec la population. Et à Bujumbura, faute de dépistage, les camionneurs étaient mis en quarantaine.

Le dépistage à la frontière, une entrave

Faute de dépistage à la frontière, les conducteurs des camions déplorent avoir perdu beaucoup d’argent. Un camionneur rencontré à Kobero, faisant le transport Dar es-Salaam et Bujumbura, témoigne : « Habituellement, j’effectuais quatre tours par mois, mais suite à ces mesures de mise en quarantaine et d’escorte par faute de dépistage au poste frontalier, je ne dépasse plus un seul tour, ce qui fait que notre revenu a diminué de plus de 75% ».

Pourtant, selon Aboubakar, un autre camionneur Tanzanien, il témoigne que dans d’autres pays, comme la Tanzanie, le Rwanda, le Kenya et l’Ouganda, les services sanitaires dépistaient les chauffeurs à l’entrée de la frontière. « Dans ces pays, on nous donne un document attestant que nous sommes testés négatifs. Puis, nous continuions le voyage sans escorte de la police ni quarantaine, nous permettant de décharger les marchandises et retourner sans problème, sans perdre du temps et de l’argent », témoigne-t-il.

Suite aux nombreux cris, dont les réformes de Kanguka, les autorités ont aboli l’escorte policière et la mise en quarantaine pour les conducteurs de camions. Sauf que, comme bémol jusqu’à aujourd’hui, les chauffeurs ne sont pas testés et n’ont pas les certificats attestant qu’ils sont négatifs au Covid-19. 

Et cela n’est pas sans conséquences

Au Burundi, seul les cas contacts aux patients testés positifs au Covid-19, et les patients que les hôpitaux alertent, sont les seuls testés. Et cela, par un seul et unique centre aux mains de l’Etat providentiel.

Faute de ce dépistage qui n’est pas libéralisé, se faire dépister devient un parcours du combattant pour les chauffeurs burundais. Et cela dans le cas où l’Ouganda, le pays qui sert le Burundi de pont au port de Mombassa, vient de sortir une directive interdisant les chauffeurs de camions d’entrer sur le territoire, s’ils n’ont pas une attestation médicale attestant qu’ils n’ont pas contracté le Covid-19, et que des premiers chauffeurs burundais commencent à être renvoyer.Tout en citant la campagne Kanguka qui milite pour le libre-échange en ces temps de Covid-19, je réitère au gouvernement de libéraliser le dépistage du Covid-19, pour que le Burundi puisse dépister les chauffeurs aux frontières, au grand bien de la libre-circulation des marchandises au Burundi.

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