Indice de sécurité sanitaire 2019 : quid du Burundi en ces temps de Covid-19 ?

Avec 42 cas testés positifs( officiellement), le Burundi n’a pas été épargné par le Covid-19. En puisant dans la campagne KANGUKA qui promeut des réformes de la politique publique de la santé à long terme, notre collègue Païnette Niyongere se base sur l’indice mondial de sécurité sanitaire pour décortiquer quoi faire au Burundi en ces temps de Covid-19.

Comprenons un tout petit peu. L’indice de sécurité sanitaire mondiale évalue la capacité de chaque pays à prévenir, détecter et répondre aux urgences sanitaires. Il évalue aussi l’efficacité des systèmes de santé des pays, son attachement aux normes mondiales et les facteurs de risque politiques, socio-économiques et environnementaux qui peut limiter la réponse.

Partant de là, l’édition 2019 vient d’être publiée. Il est la première évaluation complète des capacités de sécurité sanitaire mondiale dans 195 pays. Le score global moyen de cet indice étant à 40,2 %, l’évidence est que les pays africains ont encore des efforts à faire dans les mesures de sécurité et de prévention à mettre en place pour se préparer à la pandémie du Coronavirus.

Et le Burundi?

Selon cet indice, le Burundi ne déloge pas à  la règle de ces paires africaines. Dans les 195 pays, le pays de Mwezi occupe la 177ème place, avec un score de 22,8 %. Et dans l’est-africain, à part le sud-soudan qu’il dépasse (180ème place avec 21,7 %), le Burundi est derrière la République démocratique du Congo (161ème place avec 26,5 %), le Rwanda (117ème place avec 34,2 %), la Tanzanie (101ème place avec 36,4 %), l’Ouganda (63ème place avec 44,3 %) et le Kenya (55ème place avec 47,1 %). Un signe qui témoigne que plusieurs défis doit être relevé, afin de monter l’escalier de prévenir, détecter et répondre aux urgences sanitaires. 

Que faire alors ?

Avec les chiffres ci-haut citée, le Burundi est dans l’obligation de développer les capacités nécessaires pour faire face aux menaces d’épidémie comme celle de Covid-19, la récente épidémie du paludisme, celle de Choléra ou celui des inondations que vit le pays en ce moment.

Et pour y arriver, la capacité de sécurité sanitaire doit être élaborée via la mise en place d’un plan d’action national pour la sécurité sanitaire.  Et, ce plan doit être libéral, transparent et régulièrement testé, sans oublier d’établir des nouveaux mécanismes de financement, en allouant de fonds provenant du budget national pour combler les lacunes de préparation identifiées. 

Quant’ aux décideurs, ils devraient mesurer et prendre en compte les capacités du système de santé en tant que partie intégrante de toutes les stratégies de planification, d’investissements et de financement en matière de sécurité sanitaire.

Eh oui, pour lutter contre les risques pour la sécurité sanitaire comme la Covid-19 actuelle, nous devons nous réveiller en s’engageant pour des réformes de la politique publique de la santé à long terme.