Face au covid-19, la nécessaire résilience de l’économie burundaise

Le CDE organisait ce jeudi un atelier de réflexion sous le thème : Comment anticiper la résilience de l’économie burundaise  face au Covid-19. L’atelier qui a  vu la participation des membres du Gouvernement burundais, les leaders du monde des affaires et des médias, une occasion  de  constater comment la pandémie en cours constitue  un frein pour l’économie burundaise. L’occasion aussi de parler des stratégies à mener pour la résilience. 

Après l’annonce du  programme par Barumwete Siméon, directeur de recherche au sein du CDE Great Lakes, c’est le Directeur exécutif du CDE qui, dans son  mot d’accueil souhaitera le bienvenu à l’audience. Il  présentera aussi ce que c’est le CDE en tant que think tank soucié de la poursuite des reformes des politiques publiques qui laisse la place à la liberté de choix de l’individu. 

De son côté,  dans son  discours d’ouverture, le Directeur  de l’API  déclarera que le covid-19 porte un coup énorme aux entreprises, aux économies, entre autres la fermeture des entreprises avec des conséquences comme la perte des emplois. 

Soulignant l’existence dans le passé des pandémies qui ont été surmontée, le patron de l’API soulignera que l’un des objectifs de l’atelier est de fournir les informations pour que les entreprises puissent être résilientes afin que l’économie burundaise ne tombe pas à  genoux.

Des présentations riches en contenues

Pour une entrée  dans le bain de l’atelier, suivra les présentations des facilitateurs. Pontien   Ntimpirangeza, Docteur en Economie et membre du Conseil Consultatif du CDE Great Lakes fera sa présentation sur le covid et son impact sur l’économie burundaise. Pour lui, l’économie mondiale a été toujours secouée par les pandémies mais elle finit  toujours par se relever. Surtout qu’au-delà de méfaits de ces crises, elles nous permettent de nous remettre en cause. 

Et parce que les  capacités des Etats sont limitées, des ateliers de ce genre  qui visent les entreprises sont nécessaires.  Surtout que  pour la résilience de l’économie, le rôle de tout un chacun est nécessaire avec notamment les solutions endogènes. Il insistera  entre autres sur la promotion de la concurrence et de  l’esprit de créativité sans lesquelles la crise risque de l’emporter. C’est là le rôle des entrepreneurs bien sûr mais avec l’accompagnement des institutions publique de régulations et du Ministère des finances par la mise en place des mesures incitatives aux maintiens des activités économiques par exemple la réduction des taxes et impôts et d’autres pour protéger les revenus, les entreprises et les individus touchés par cette pandémie au Burundi. 

Covid-19 et entreprises : comment s’y prendre ?

Suivra la présentation  du  Docteur  Nina Nshimirimana. Experte en politique publique de santé, elle est aussi  membre du comité national dans la riposte contre le  covid-19. Elle  parlera de l’historique du virus, de ce qu’est le coronavirus, de l’épidémiologie, de la symptomatologie, de sa  gestion et  du mode transmission. Appelant à la bonne gestion de la pandémie, elle fera savoir que cela doit passer  par le triage et détection rapide, le diagnosticprécoce et le système d’alerte active, les soins intensifs, la thérapie antimicrobien, prévention ainsi les soins qualité. 

Quant aux entreprises, pour surmonter le covid-19, le docteur Nina suggère que  l’employeur doit mettre en  œuvre des mesures de prévention des risques professionnels, informer, sensibiliser  le personnel,  mettre  en place des moyens adaptés pour garantir la santé et la sécurité  des employés. 

Et en cas d’apparition des premiers signes du covid-19, le mieux c’est de rester chez soi et de prévenir l’employeur et se faire soigner. Cela  pour éviter les contacts avec d’autres employés au risque de les contaminer. 

De son côté, la présentation d’Abiyah David,  patron  de Buja Hub insistera le travail à distance en situation de covid-19. Pour lui, le cadre réglementaire des activités commerciales en ligne n’est pas garanti au Burundi à cause de l’absence de la structure juridique burundaise adapté au commerce en ligne. 

D’intéressants échanges

Avant la clôture de l’atelier, d’intéressants échanges auront lieu avec des questions posées par les hommes et femmes d’affaires burundais, les journalistes, les membres des agences de régulations burundaises et d’autres à l’endroit des experts. 

Le Secrétaire Général du Chambre Fédérale de l’Industrie et du Commerce au Burundi, Mr. Denis Nshimirimana  saluera la qualité des  exposés. Et d’appeler à la poursuite de tels ateliers mais de les  élargir à certaines entreprises ciblées et à d’autres réformateurs.  Il appellera aussi au ministère de la santé à lutter contre les fake news. Cela doit passer par la bonne information. 

Le représentant de l’entreprise  MINOLACS Muramvya lui, posera la question de la possibilité de la distanciation sociale dans son entreprise qui emploie plus 200 personnes. 

Une préoccupation  qu’il partage avec Kankindi Joselyne de l’Afri-textile. Pour elle,  les mesures de lavage de main ne suffisent  pas. Ici, le docteur Nina  suggérera aux entreprises de voir les conditions de travail de leurs employés. En défaut de la distanciation sociale, acheter par exemple des masques ou de travailler par intermittence.

Le patron de l’API  propose de son côté  l’instauration  de   la  communication de crise. Pour lui, il n’est pas bon de passer 3 jours sans information de la part du Ministère de la Sant é. 

Et pour Pontien, dans notre économie de subsistance, où il faut sortir pour manger c’est difficile travailler à distance.  Par contre,  la leçon à tirer de tout ça, c’est d’augmenter la production pour ne pas dépendre de l’extérieur. Ça évitera les effets du confinement.  

On le voit donc, l’atelier qui s’inscrit dans le cadre de la campagne Kanguka a été une  occasion de voir ce qu’il faut faire dans cette période de pandémie. Une pandémie qui menace l’économie mondiale, celle du Burundi en particulier.