La corruption, cet ennemi de la liberté économique au Burundi

#mfashakumenyaF20

Le dernier classement de Tansparency  international classe le Burundi comme deuxième pays le plus  corrompu de l’EAC, derrière le Sud Soudan. Plombant la liberté économique, cette  situation est regrettable dans un Burundi doté pourtant d’instruments juridiques pour combattre ce fléau. 

Ce rapport de l’indice de perception de la corruption (IPC) de 2019 l’ONG allemande Transparency International est sans appel.  Le Burundi se classe deuxième pays le plus corrompu de l’EAC avec un score de 19%, après le Sud Soudan qui lui a 12%. 

Pour rappel, selon le rapport  de 2017, dans la communauté Est africaine, le Burundi occupait la dernière place tandis qu’au niveau mondial, il se classait en 157ème  position après avoir progressé de deux places par rapport à l’année 2016. Et comme pour les éditions précédentes, le Rwanda est considéré comme le  bon élève de l’EAC avec 53% alors que le Kenya et l’Ouganda suivent en troisième position avec un score paritaire de 28%, la Tanzanie à 37%

Malgré ce gain d’une place par rapport aux précédents classements faisant du Burundi le mauvais élève de l’EAC, il sied de constater que le chemin est encore long. La corruption reste un fléau dans le pays de Ntare Rushatsi. 

Et pourtant….

Les lois réglementant la bonne gestion des affaires publiques ne sont pas ce qui manque. Au  cours des dix dernières années, de nombreuses lois réglementaires ont été mise en place, à l’instar de  la loi no 1/12  du  18 avril 2006  contre la corruption. 

Avec comme objet de prévenir et de réprimer la corruption et les infractions connexes commises au sein des organes des services publics et privés,  cette loi anti-corruption était une référence juridique fondamentale. 

Et sur la base de cette loi anti-corruption, des institutions spécialisées dans la lutte contre les délits de corruption et infractions connexes ont été créées en 2006, à savoir la Cour anti-corruption, le Parquet général auprès de la Cour anti-corruption et la Brigade Spéciale Anti-corruption. Mais force est de constater qu’en dépit de la mise en place de ce dispositif institutionnel, la crise de la corruption n’a cessé de faire son bonhomme de chemin, emportant dans son sillage tout espoir de développement et de relance de l’activité économique par l’investissement national et étranger. 

Les entreprises, ces principales victimes 

C’est irréfutable. La corruption coûte cher aux entreprises. Et pour l’ONG Transparency International, les bureaucrates peuvent être tentés de complexifier les réglementations et les lourdeurs administratives pour créer des opportunités de corruption.

La corruption impacte également le développement économique et stratégique de l’entreprise en modifiant l’allocation des ressources. Qui plus est, là où il y a la corruption, il y a moins d’investissements.  

La corruption fait en effet monter en flèche les coûts de production et réduit par voie de conséquence la profitabilité des investissements.  Même la Banque Mondiale le reconnaît. Elle qui estime que le coût élevé des investissements dû à la corruption de fonctionnaires encourage de nombreuses entreprises à réduire leurs obligations fiscales en ne déclarant  pas la totalité de leurs ventes, coûts et masses salariales.

Last but not least, il existe en conséquence un  lien étroit entre la corruption et le manque de croissance économique d’un pays. Le Burundi en est un bon exemple.  Ainsi, les études empiriques  prouvent qu’un niveau de corruption élevé est souvent associé à de faibles niveaux d’investissements publics et privés. Ce fléau diminue la productivité et l’efficacité générale de l’économie. Affectant  la croissance par une mauvaise allocation des ressources, elle entrave également le développement économique par son impact négatif simultané sur le revenu, l’instruction et la santé. 

On ne le dira donc jamais assez. La corruption est une épine dans le pieds du développement économique.  Un développement qui, on le sait, est impossible dans un contexte d’absence de liberté économique. Pour relever le défi, les pouvoirs publics doivent tout faire pour assainir le climat entrepreneurial. Cette politique devrait être concrétisée entre autres par une lutte sans merci contre la corruption, cet ennemi de la liberté économique à bien des égards