Comment le Burundi pourrait-il attirer des capitaux étrangers

Pour se développer, les pays ont besoin d’investissements. Ces derniers sont financés à leur tour par l’épargne.  Or, pour les pays en développement comme le Burundi, l’épargne domestique est insuffisante. Notre collègue Kelvin Ndihokubwayo appelle à l’attraction des capitaux étrangers pour combler cette insuffisance de l’épargne domestique.  

L’épargne domestique nous renseigne sur la capacité d’un pays à débloquer ses propres capitaux pour les investissements.

Sur ce, de 1960 à 2016, le Burundi a enregistré une moyenne annuelle de -1,09. Durant ces 56 ans, au pays des tambours, une diminution de 120%  a été observée sur l’épargne  domestique brute en % du PIB.

En plus, selon l’économiste Léonce Ndikumana, doyen du département d’économie à l’université de Massachusetts aux Etats-Unis, depuis 1985 jusqu’en 2015, le Burundi a perdu 5,1 milliards de dollars américains de fuite de capitaux. Cela représente 10,5% de son PIB brut et 149% de son investissement.

Cette fuite de capitaux vient mettre du sel sur la blessure rendant beaucoup plus difficile l’investissement du pays puisque ces fuites épongent de nouveau l’épargne domestique. En absence alors d’épargne domestique suffisant, il sied de penser à la mobilité de l’épargne étrangère. 

Et si le Burundi promouvait la liberté des mouvements de capitaux

Cette liberté permet de faire basculer des surplus d’épargne des pays qui en disposent vers des pays qui en manquent. 

En effet, le Burundi, comme d’autres pays en voie de développement se sont endettés pour financer leurs investissements. Pourtant, la question de remboursement de ces dettes devient quasi impossible. Une fois ces dettes devenues insoutenables pour le remboursement, l’Etat les répercute sur la population burundaise à travers les impôts.

Mais aussi,  selon la loi n 1/14 du 30 juin 2019 portant fixation budget général de la BRB pour l’exercice 2019/2020, nous constatons un déficit global de 189 338 241 931 Fbu. Et pour son financement, le Burundi prévoit un financement bancaire de type avances de la BRB d’un montant de 144 752 062 122  Fbu. Cela ne peut qu’engendrer l’inflation.

Ces deux scenarios nous amènent au couple « Impôts & Inflation ». Or, ce couple ne fait qu’attaquer l’épargne domestique, détruisant l’espoir de tout investisseur et par ricochet faisant fuir même les investisseurs étrangers. D’où l’endettement et les avances  à la BRB s’avèrent être des faux instruments pour le développement du Burundi.

Que faut-il faire alors ?

C’est une évidence, le Burundi a besoin de ressources pour se développer. Seulement, celles en provenance d’endettement s’avèrent moins efficaces que les capitaux venus des investisseurs  étrangers. D’où, il faut un mécanisme d’attraction de ces capitaux.

Néanmoins, la réussite de ce processus exige des législations qui suppriment les contraintes sur la mobilité des capitaux. Au Burundi, il existe différents textes légaux qui réglementent l’environnement des affaires à travers plusieurs codes : code des investissements, de commerce, des sociétés publiques et privées. 

Ces textes ont subi des modifications à travers le temps comme le résume le Rapport National sur le Développement Humain (2009). Pourtant, les avantages découlant de ces modifications restent minime. D’où la mise à jour de ces codes avec l’objectif de viser un climat des affaires favorable promouvant le secteur privé serait salutaire.