Burundi : les entrepreneurs débutants, toujours dans la tribulation

Les défis de l’entrepreneur débutant sont nombreux au début. Dans le cadre de la campagne « BIRASHOBOKA » qui vise la réduction des barrières à l’entrepreneuriat et à la création des comptes bancaires, rencontre avec Michel Ndayikengurukiye, un jeune entrepreneur qui s’est investi dans l’élevage des poules.

Certificat des humanités générales en poche, Michel Ndayikengurukiye, la vingtaine, rêvait déjà grand. Avec deux de ses amis, ils ont investi dans l’élevage des poules. « Comme avoir les moyens financiers était un défi, je me suis associé à deux autres jeunes pour mettre en commun nos idées et moyens financiers », explique Michel. Ils travaillent aujourd’hui comme une entreprise, même s’ils sont dans l’informel par manque de moyens pour l’enregistrement à l’API.

L’enregistrement, un casse-tête

Si leur entreprise n’a pas encore été enregistrée à l’agence de promotion des investissements, la faute revient aux moyens financiers. 40 000 FBu pour l’enregistrement, plus les frais du notaire, sont énorme pour un jeune entrepreneur débutant. « Pour un œuf qui s’achète à 500 FBu, 40 000 FBu est une somme qui correspond à l’achat de 80 œufs, donc 80 poussins en devenir, pouvant être vendu à 240 000 FBu. Une somme importante pouvant générer un capital pour l’achat d’autres œufs, et pousser l’entreprise vers l’avant » explique Michel.

Un compte bancaire, l’épine dans le  pied

La création d’un compte bancaire a été jusqu’ici un défi insurmontable. Selon l’entrepreneur Michel, quoi qu’il en soit, les frais pour ouvrir un compte bancaire ne sont pas moindres. « Savoir qu’ouvrir un compte bancaire n’est pas gratuit, sans avoir une somme considérable pour y déposer alors que la banque ne cesse d’y retrancher leurs frais, est un grand défi », confie-t-il, avant d’expliquer que c’est toujours dans leurs rêves d’ouvrir un compte bancaire.

En partant de zéro, il est tout à fait possible de construire un business rentable pas à pas. Pour notre entrepreneur, le règlement de la Banque de la République du Burundi N°001/2019 qui stipule l’ouverture d’un compte bancaire gratuitement, est une urgence. Il demande aussi, et avec insistance, la possibilité d’enregistrer gratuitement une entreprise, pour les entrepreneurs débutants. « Cela rehaussera l’économie nationale à partir des frais qui auraient servi d’avance à l’enregistrement d’une entreprise, faisant engendrer des taxes, créer de l’emplois pour d’autres jeunes et augmenter la productivité nationale », conclut Michel.

Pour Michel, les entrepreneurs débutants méritent une politique de promotion de leurs initiatives, par la voie des subventions, l’accès aux crédits, des facilités dans la création d’un compte bancaire et l’enregistrement de leurs entreprises. C’est possible, Birashoboka.