Le « variable temps » : grand absent du paysage économique burundais ?

Dans cette période festive de fin d’année, il s’observe des files d’attente dans presque tous les services de la vie économiques auxquels s’ajoutent des embouteillages dans les grands axes de circulation. Cela étant pourtant prévisible, Guillaume Muhoza s’étonne comment d’année en année, aucune mesure n’est prise en avance pour limiter ces pertes de temps. L’occasion pour lui  de se demander si vraiment la variable temps est prise en compte dans l’économie burundaise. Réflexion.

24 décembre, je suis dans l’une des banques burundaises, 2h 37 minute d’attente, mais pas que. Sur  celles-ci s’ajoutent une bonne cinquantaine de minutes passées en route pour cause d’embouteillage. 26 décembre je suis dans une autre institution bancaire, quatre heure  d’attente : motif : « Il n’y a pas de connexion. » C’est cet argument-massue que les agents banquiers nous lancent comme si eux n’avaient, dans leur guichet, rien à perdre. 

Comment oublier sur la barre des accusés les agents des services de santé dans les hôpitaux, les agents des opérateurs téléphoniques, ceux des stations d’essence? Peut-on oublier les files d’attente, le matin et/ou le soir, quand on attend un bus? Non, le mal est généralisé. Et pourtant…

Le temps est une ressource économique importante.

Qui n’a jamais entendu le dicton anglais « Time is money » ? A-t-on jamais réfléchi quant à son sens? 

Dans son livre  Principes d’économie politique, Alfred Marshall dit que:

« L’élément de temps est une des principales causes des difficultés que rencontrent les investisseurs économiques, difficultés qui font que l’homme, avec ses moyens limités, ne peut s’avancer que pas à pas. » L’élément essentiel à retenir est que la négligence de la variable temps entraîne la mauvaise marche  de toute entreprise.

Cela est d’autant plus vrai quand on sait que toute économie divise son activité en temps; le court, le moyen et le long terme. C’est ça qu’on appelle la « planification ». Plus l’activité est segmentée en termes de temps mesurables, plus la tâche est aisée à faire, et le résultat facile à appréhender. Ce qui limite d’une part le manque à gagner dû aux retards et autres élasticités indésirables et d’une autre part, les mécontentements de la clientèle, qui nuisent à la réputation de l’entreprise et surtout laisse aux clients le temps de vaquer à leurs autres activités au grand bénéfice de l’économie qui en devient dynamique. Les anciens avaient même eu l’idée brillante de créer  un instrument ; le sablier pour illustrer l’idée du temps qui ne s’arrête pas lors de la réalisation d’une activité.

Des pistes de solutions

A mon avis la plupart des pertes de temps sont dus à l’ennui au travail, les réseaux sociaux, l’inconfort du matériel d’usage, et des ordres qui prêtent confusion dans l’exécution.

Je proposerais alors le dialogue-suivi dans l’entreprise afin de prendre note des défis auxquels la personne fait face, y apporter remède, réaffecter ou encore sanctionner ceux qui font traîner les démarches et par ricochet optimiser la productivité.

Un contrôle-évaluation en qualité et en quantité des services de l’entreprise serait aussi salutaire. Quant aux embouteillages, l’état devrait mettre en place des panneaux de signalisation sur tous les grands axes routiers dans le but de faciliter la circulation, les reconstruire, et les réhabiliter, s’il n’en est pas capable, confier ce service de construction  aux privés qui le feraient mieux car ayant beaucoup à gagner comme il est d’usage dans d’autres pays. 

A l’heure du digital, il est tout simplement inacceptable de continuer à ce train. Le temps est un facteur de capital universellement reconnu, qui à travers les âges, s’est fait un moteur indéniable du progrès technique. Toutes les inventions faites par l’humanité ont pour objectif, la simplification en effort et surtout en temps des activités, de l’imprimerie à l’Internet en passant par la poste. Que gagne-t-on en restant à la traîne ? Chacun doit agir.