CEPGL : Pourquoi le libre-échange vit ses mauvais jours?

En 2016, la RDC était le principal client du Burundi, soit 30% des exportations cheminaient vers la RDC. Et malgré la crise, le Rwanda figurait sur la liste des grands acheteurs de Bujumbura, environ 5% des exports burundais ont été vendus au Rwanda. Actuellement ce mouvement s’est ralenti au-dessus de la moitié ; soit 9% pour le Congo et 1.2% pour le Rwanda. Pour notre collègue Edgar Mugenzi, les décideurs de ces trois pays doivent penser à booster les échanges. 

Commençons par un petit rappel. La CEPGL (La Communauté  Economique des Pays des Grands Lacs)  est une organisation régionale formée par trois pays, à savoir le Burundi, le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC). Créée en 1976, elle avait pour objectifs, entre autres, de promouvoir la paix et la sécurité dans l’espace et de favoriser la coopération économique pour le développement. 

Néanmoins, la prolifération des conflits sociopolitiques qui engendrent la restriction progressive des échanges s’avèrent  être une menace pour la communauté. 

C’est ce que témoigne le Dr Pontien Ntimpirangeza, Doyen de la Faculté d’Economie à l’Université de Ngozi pour qui la chute des échanges au niveau de la CEPGL  est due en grande partie aux relations diplomatiques souvent instables : « Quand deux pays frères n’ont pas une relation diplomatique intacte, la relation économique se ralentit nécessairement ».

Cet universitaire souligne  par exemple la crise qui persiste entre le Rwanda et le Burundi et d’autres qui ont existé entre la RDC et le Rwanda.

Faire mieux, c’est encore possible

En dépit des crises qui ont inondé la région des Grands Lacs, la CEPGL continue tant bien que mal de  se tenir debout. En témoigne le  titre  de voyage  commun  qui permet la libre circulation des biens et des personnes. 

Cette opportunité est jusqu’ici profitable pour les affaires  mais il se heurte toujours aux causes politico-économiques. Ce n’est pas Jean Marie, grossiste rwandais qui cohabite avec la frontière de Kanyaru qui dirait le contraire.  Il avait l’habitude de s’approvisionner s’approvisionnait sur le sol Burundais. Sauf que depuis 2015, ses affaires sont au point mort: « J’achetais des haricots et des  fruits burundais. Quand la crise s’est installée, les affaires avec l’autre côte de la frontière ne tiennent presque plus et c’est un obstacle lourd pour nous », raconte-t-il avec regret

Lamentable quand on sait que quand les échanges tiennent bon, les parties en profitent. Au Burundi par exemple, importer un produit rwandais s’avère très facile que l’importer au Kenya vue la distance à parcourir et les frontières à traverser.

Comme cette communauté a été créée aussi dans le but de favoriser la coopération économique pour le développement,  il est urgent que ses membres tendent à évoluer dans ce sens en fixant des objectifs communs : « On pourrait par exemple réduire les taxes pour les produits de la communauté, créer un marché commun, voire une même monnaie, etc », propose  Diamel Ngoroyimana,  économiste.