Ces contraintes juridiques qui freinent la liberté d’entreprendre au Burundi

Dans le cadre de la campagne Birashoboka, le CDE Great Lakes organisait en date du 16 décembre à l’hôtel Ceprodilic, un atelier de restitution sur les contraintes juridiques de la loi régissant les agences de régulations au Burundi en matière de certification des produits. Le reportage de notre collègue Kelvin Ndihokubwayo.

Devant une audience des professionnels des médias, c’est le professeur Siméon Barumwete qui prononcera le mot d’ouverture de l’atelier. Un atelier pour présenter une étude visant à élucider les contraintes juridiques que rencontrent les entrepreneurs burundais et étrangers lors de la certification de leur produit et inventions par les organes habilités par la loi.

Présentant son étude sur le sujet,  l’orateur du jour,le Docteur en droit, enseignant à d’universités, chef du Laboratoire droit et société de la faculté de droit à l’université du Burundi et membre du Conseil Consultatif du CDE Great Lakes, Dr. Emery Nukuri soulignera que si l’Etat par ses règles juridiques introduit des contraintes, des obstacles juridiques à la libre entreprise, il sape son développement.

« La certification présente de nombreux avantages indéniables pour les entrepreneurs. Elle leur permet d’accéder aux marchés dans des zones où leur réputation est inconnue. D’où raison de plus du pourquoi l’Etat devrait faciliter l’octroi des certificats de qualité », poursuivra Dr. Nukuri avant de présenter les contraintes.

Quand  la certification devient un casse-tête

Au Burundi, il y a deux organes habilités par la loi, pour créer et gérer la marque de certification. Le Bureau Burundais de Normalisation(BBN) et le Centre National de Technologie Alimentaire (CNTA en sigle). Pourtant, ces deux entités étatiques ne travaillent pas en étroite collaboration même s’ils opèrent dans un même domaine.

Pour cet expert en droit, puisque, le BBN et le CNTA ne travaillent pas en réseau, il y a un risque élevé de payer deux fois le même service, ce qui engendre  une perte de temps et de moyens pour les demandeurs de certificat.

Qui plus est, bien que la loi prévoit  que 10 jours pour les analyses suffisent quand le paiement est déjà effectué, le constat sur terrain, regrette Dr. Emery, est que dans la pratique, ça peut aller jusqu’à huit mois. La raison énoncé par le BBN, c’est l’absence d’équipement suffisant. Souvent, le BBN fait recours à des laboratoires externes, d’où le retard.

Pire encore, le coût de la certification est élevé et il n’y a pas de tarif pour faire des analyses des produits au CNTA qui seraient prévus dans un texte juridique. Conséquence, c’est le sentiment de frustration des entrepreneurs qui payent le loyer et les travailleurs alors qu’ils attendent longtemps cette certification

De quoi susciter des fois les fuites des cerveaux voire même des capitaux dans des pays où il y a facilité. Tandis que pour d’autres, bonjour l’informel, qui n’est sans décourage les investisseurs. L’atelier avec les professionnels des médias en photo, cliquez ici.

Ce qu’il nous faut

Pour changer cet environnement défavorable à la libre entreprise, Dr. Emery  Nukuri insistera sur la mise à jour du cadre réglementaire. Dit concrètement,  établir des tarifs indicatifs raisonnables pour les certifications par catégories des produits.

Même en répondant aux questions des participants, ce consultant soulignera que l’État devrait adopter le système des autorisations provisoires pour les producteurs agro-alimentaires dont les tests au CNTA ont été concluants en attendant la licence du BBN.

Et lors de la conférence de presse avec les médias, Dr Emery Nukuri et Aimable Manirakiza, Directeur régional du CDE Great Lakes préciseront que l’Etat devrait faciliter l’établissement des laboratoires privés pour compléter ces bureaux de certifications déjà existants  afin que les partenaires techniques et financiers investissent dans ce domaine. La Conférence de presse en photo, cliquez ici .

Il va sans dire qu’avec la  facilité dans l’octroi de la certification, les burundais produiraient eux-mêmes les produits aujourd’hui importés. Et les devises ne seront plus une question sensible.