Quand un commerçant burundais est fâché contre les barrières non-tarifaires

Récemment, notre collègue du CDE témoignait la contrainte des barrières non-tarifaires pour la libre-entreprise au Burundi. Dans le cadre de la campagne Birashoboka qui dépiste les obstacles auxquels font face différents petits opérateurs économiques, un commerçant burundais témoigne que ces barrières non-tarifaires sont plus nombreuses que ce qu’on croyait.

Philibert, 39 ans, importe la farine de Maïs de la Tanzanie au Burundi. Il utilise le transport lacustre via le port de Bujumbura. Son business n’est pas florissant en raison des barrières non-tarifaires.

Premièrement, au port de Bujumbura. Plus précisément, à l’Office Burundais des recettes. Le temps pour le dédouanement est très long. Avec de longues procédures. Il indique que pour un dossier complet, il prend deux jours : « Quand nous traînons à la douane, c’est de l’argent que nous perdons avec nos clients qui nous attendent au marché », se désole Philibert, avant de renchérir que certains documents exigés ne sont pas facilement accessibles. C’est le cas de l’attestation de vérification prouvant que la quantité de la marchandise commandée correspond réellement à celle importée. Philibert signale que ce certificat de vérification peut être tardif ou venir avec des erreurs, ce qui allonge le temps de dédouanement des marchandises.

Ce n’est pas fini. 

La distribution de sa marchandise n’est pas aussi facile. Il fait savoir que c’est pratiquement impossible de décharger son camion à partir de 18h aux différents points de vente. « Il arrive que je préfère aller servir mes points de vente, sans passer par le dépôt afin de gagner sur les frais de déchargement. Mais si, par malchance, j’y arrive à 18h, la police me refuse de décharger », déplore-t-il. Il rappelle que comme le Burundi est déjà entré dans la communauté est-africaine, il devrait tendre vers la maximisation des heures de travail, en travaillant même la nuit.

Même la quantité à importer est limitée

Les barrières non-tarifaires se remarquent aussi au niveau de la quantité à importer. Selon Philibert, à cause de la pénurie des devises, les banques locales n’accordent pas les devises nécessaires quand l’importateur fait sa commande auprès de son fournisseur étranger. Cela limite la quantité des importations pour ceux qui voudraient bien s’approvisionner en grande quantité. Philibert est obligé de se ressourcer difficilement sur le marché noir et d’emporter l’argent sur lui, avec tous les risques de vol : « Nous prenons ce risque parce que nos fournisseurs ne peuvent pas accepter de livrer les marchandises dont la valeur est supérieure au montant transféré et attendre le reste ».

À son avis, le comité en charge d’éliminer les barrières non-tarifaires devrait ouvrir des numéros verts où tout le monde pourra dénoncer toute forme de barrière rencontrée, et devrait sensibiliser sur ces barrières en commençant par les hautes autorités. « Nous voulons qu’ils prennent d’abord conscience de leurs mauvaises conséquences, afin de pouvoir les éliminer », conclut Philibert.

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