Les jeunes burundais face aux défis entrepreneuriaux

Les jeunes burundais font face actuellement à un phénomène de chômage récurrent. Par contre, il y a ceux qui essaient de se lancer dans l’entrepreneuriat malgré les difficultés éventuelles qui surgissent. Notre collègue Gilbert Nkurunziza a rencontré un entrepreneur qui se débrouille timidement et progressivement.

Émile Havyarimana est un jeune entrepreneur basé en mairie de Bujumbura précisément dans le quartier Jabe III, avenue Mwanzari No. 8. Il tient les rênes d’une petite entreprise dénommée « Tambuka Shoes Company » produisant des chaussures en cuir. « Au départ, je travaillais pour le compte des autres entrepreneurs. C’est en 2018 où l’idée de travailler pour moi-même m’est venue à l’esprit, et désormais ça marche petit à petit », précise-t-il.

Les notions solides ne s’apprennent pas en une journée, la persévérance oblige et doit être prioritaire. « En 2014, j’étais un simple couturier et ça ne me suffisait pas, raison pour laquelle j’avais soif du plus-value ; d’où j’ai fini par bénéficier à des formations de fabrication de chaussures », lâche Émile Havyarimana.

Les défis à relever

« Mon ambition est de travailler dans le formel. Pour ce faire, j’ai déjà terminé l’enregistrement de mon entreprise au sein de l’API,  après avoir payé 40000 Fbu. Actuellement, ce processus nécessite moins de temps qu’alors, car tout est réglé dans une période ne dépassant pas un mois », confie l’entrepreneur Émile. Pour lui, l’insuffisance des moyens de production est son problème majeur. Il affirme : « Actuellement, je travaille en fonction des commandes de mes clients, car je ne détiens pas un capital suffisant me permettant de fournir mes produits sur le marché d’écoulement ».

Malgré les difficultés, il fait son mieux pour dynamiser son entreprise. « En tant  qu’entrepreneur débutant, les frais ou les autres exigences de la réglementation me semblent encore colossaux, c’est un défi à relever . Malgré cela, même si je travaille encore seul, je suis en mesure de produire 6 à 10 paires de chaussures par semaine », avoue-t-il. Cet entrepreneur affirme qu’il est ambitieux d’étendre son entreprise, former et intégrer d’autres jeunes chômeurs dans le domaine. Malgré ses ambitions, faute de moyens, il lâche qu’il a du mal à s’approvisionner des matières de production de base comme des talons et des cuirs parce qu’elles sont chères. C’est pour cette raison que le rendement est moins remarquable.

Le début de toute activité économique n’est toujours pas chose facile. Ce qui est important, c’est la détermination et la persévérance. Au fur du temps, le rendement deviendra positif. Pour ce faire, cet entrepreneur est fier de ce qu’il a réalisé malgré les défis de réglementation et du capital. Pourtant, il conseille la jeunesse burundaise : « Les jeunes ne devraient pas avoir peur d’entreprendre, car tout projet va de pair avec des problèmes surtout au début. Il vaut mieux oser. La fortune sourit aux audacieux ».

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