Burundi : la liberté de la femme est-elle celle de l’homme ?

La restriction des droits des femmes au nom de la moralisation de la société est une réalité dans certaines communes. Au commencement, c’était  la commune Muyinga, puis ce fut le tour de la commune Nyabiraba en province Bujumbura et après, la commune Musongati (province Rutana). Selon notre collègue Gilbert Nkurunziza, ces décisions dénotent une injustice envers les femmes.

Les administrateurs avancent la raison de la moralisation de la société. En vue de sauvegarder les bonnes mœurs, ils interdisent les femmes de circulation, de se rendre dans des buvettes ou des marchés au-delà de 18 heures. C’est dans le but de lutter contre les phénomènes d’adultère, la de prostitution ou les relations extra-conjugales.

Bizarrement, ces mesures ne concernent que les femmes. La part des hommes n’est pas mise en cause malgré la responsabilité partagée. Ce qui renforce la suprématie masculine, et ainsi contraire à la loi qui met les deux au même pied d’égalité normalement.

«Le fait de reprocher aux femmes de perturber l’ordre de la société, c’est vraiment regrettable. J’espère que dans les jours à venir les administrateurs reviendront sur leurs décisions pour mettre l’homme et la femme au même pied d’égalité », confie Emelyne (pseudo), une native de la commune Musongati en province Rutana.

Que dit la loi ?

«Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité », tel est l’article premier de la Déclaration Universelle des droits de l’homme.

De même, la constitution de la République du Burundi dans les articles 22 et 25, montre que tous les citoyens sont égaux devant la loi et que la liberté est leur droit, sans distinction aucune.

L’adultère est un problème social. Ce n’est pas logique que les officiels s’en prennent uniquement aux personnes de sexe féminin. Il faut que les hommes eux-aussi assument leur responsabilité. Ce sont des actes faisables par tous les genres.

Ce qui est étonnant…

Pour lutter contre l’adultère, les dirigeants insistent sur les heures avancées comme si c’est un seul moment idéal de la fertilité féminine. Pendant la journée, une fille ne peut pas tomber enceinte ? En réalité, dans un premier temps, une personne doit être responsable de soi-même.

Ce qui est très important, c’est la sensibilisation continue à l’égard des adultes et des jeunes en particulier dans le but de mettre tout le monde au courant des effets pervers liés au vagabondage sexuel, sinon les mesures qui favorisent les uns pour nuire aux autres risquent d’aggraver la situation.

Les décisions prises de la sorte ne pourraient pas être des solutions miracles. Si les concernés ne sont pas convaincus, l’impact sera absolument vain.