Quand la non-résidence au Burundi des ambassadeurs entrave la libre circulation

Au Burundi, les ambassades avec statuts non-résidents sont légions. Et cela ne se passe pas sans conséquence surtout dans l’obtention des visas et entrave la libre circulation des personnes et des biens. Pour le blogueur Franck-Arnaud Ndorukwigira, ces ambassades devraient privilégier la délivrance des documents en ligne.   

Voyager, ça requiert du voyageur l’accomplissement d’un certain nombre de formalités auxquelles il doit se soumettre de bonne grâce. Et parmi ces formalités, le visa en fait partie. De nombreux pays exigent un visa pour permettre aux voyageurs d’entrer sur leurs territoires. Le visa, qui est une autorisation officielle d’entrer et de circuler dans un pays dont on ne possède pas la citoyenneté, est émis par les autorités du pays de destination par l’entremise de ses représentations à l’étranger, consulats ou services consulaires de l’ambassade.

Au Burundi, les nouveaux ambassadeurs venant présentés les lettres de créance, les nommant ambassadeurs de leurs pays au Burundi sont légions. Avoir un visa ne devrait pas être un casse-tête donc. Au contraire, c’est un parcours du combattant. La grande majorité de ces nouveaux diplomates représentent leurs pays respectifs depuis certaines capitales africaines, notamment Nairobi au Kenya, Dar-es-Salaam en Tanzanie, Kampala en Ouganda, Addis-Abeba en Ethiopie…

Dans la présentation du 26 février 2018 des lettres de créance des nouveaux ambassadeurs au président de la République, tous les neuf nouveaux ambassadeurs avaient des sièges non-résidents. Même chose avec la présentation du 6 Novembre 2018 où sur les 10 nouveaux ambassadeurs, neuf étaient non-résidents.

Entrave à la libre circulation

Pour obtenir un visa, on doit se présenter physiquement  à l’ambassade ou au consulat du pays de destination, pour compléter le formulaire de demande et régler le montant exigé pour l’obtention du visa. Quand le siège de ces bureaux n’est pas dans le pays, c’est un handicap. L’exemple de Frère Nicodème, moine franciscain burundais, est illustratif.

Au moment de faire son pèlerinage en Israël, il a dû se rendre en Ethiopie pour avoir le visa : «Je savais qu’Israël a une ambassade au Burundi, mais comble de malheur son siège est en Ethiopie à Addis-Abeba. J’ai dû prendre un avion pour l’Ethiopie en vue de l’obtention du visa ou j’y ai séjourné une semaine avant de continuer vers Israël, Une dépense de trop qui aurait été allégé si cette ambassade était basée au Burundi». Un cas qui figure parmi plusieurs autres.

Un défi à relever

La libre circulation des personnes est un instrument puissant qui permet la croissance et le développement. Toutefois, afin de faciliter les échanges et la circulation des personnes entre les pays, certains États ont signé des accords bilatéraux ou multilatéraux de dispense de visa pour leurs ressortissants. Des accords que le gouvernement burundais devrait imiter auprès de ces ambassades non-résidentes, et si pas possible, demander à ces ambassades de changer le statut de non-résident en statut de résident permanent au pays.  

Sans quoi, il faudrait que ces ambassades créent des services électroniques de délivrance des visa pour améliorer la libre circulation des burundais.