Chemin de fer, une priorité pour les affaires régionales

Le Burundi est fortement handicapé par le coût élevé des transports internationaux. Le blogueur Lionel Jospin préconise le développement de la voie ferrée pour y remédier.     

Un vaste projet de chemin de fer reliant le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie, combiné avec la réhabilitation de celui existant pourra augmenter considérablement le volume des transports. Il réduira ainsi le coût des transports en provenance et vers le Burundi.

Le coût des transports internationaux est aujourd’hui de l’ordre de 28 mille USD au minimum pour un container de 20 pieds et 13 tonnes. Cela augmente considérablement le coût de la plupart des produits importés et réduit les marges des bénéficiaires des exportations burundaises.

En 2008, une étude a été réalisée sur la faisabilité du projet de chemin de fer. Les conclusions ont prouvé que ce projet est techniquement, économiquement et financièrement  viable.

Risque et coûts du transport actuel

Les marchandises en provenance et vers le Burundi passent par trois corridors. Le plus économique est le corridor central via Dar es Salam. Ce corridor comprend trois trajets : un trajet de 1.429 km (Dar es Salam-port de Kigoma et  Kigoma-Bujumbura avec 28 mille USD pour un container de 20 pieds/13 tonnes), un trajet  de 1.516 km (Dar es Salam-Isaka  et la route Isaka-Bujumbura avec 34 mille USD pour un container de 20 pieds/13 tonnes) et un trajet entièrement routier Dar es Salam-Bujumbura (également 34 mille USD).

Vient ensuite le corridor nord, via Mombassa qui comprend un trajet routier Mombassa-Nairobi-Kampala-Kigali-Bujumbura (2070 km et 57 mille USD pour un container de 20 pieds/13 tonnes), un trajet mixte, voie ferrée-route Mombassa-Nairobi-Kampala-Bujumbura.

Un transport mixte pour les hydrocarbures : pipeline Mombassa-Eldoret, puis la route sur Bujumbura via Kampala et Kigali.

Vient enfin le corridor sud : Durban (Afrique du Sud) : trajet mixte c’est-à-dire, voie ferrée-route-lac sur-Bujumbura via le port de Mpulungu au sud du Lac Tanganyika.

Quel que soit l’itinéraire sélectionné, les coûts de transport pèsent lourdement sur les échanges extérieurs du Burundi.

Selon un rapport des Nations Unies de 2001, les coûts de transport représentent 24% de la valeur des exportations du pays, alors que la moyenne est de 17,2% pour les pays en développement et 8,6% pour les pays développés.

Obstacles au transport dans le corridor

Certains tronçons sont en mauvais état (cas de Bujumbura–Bugarama,  Bugarama – Kanyaru Haut, Kobero). En plus, le tronçon tanzanien est souvent endommagé par des pluies torrentielles qui abîment également les ponts. La réfection des routes prend souvent beaucoup de temps en Tanzanie.

Il faut quatre jours pour se rendre à Dar es salaam, et cinq pour le retour. Le déchargement à Dar es salaam et à Bujumbura prend énormément de temps, de même que l’entretien du camion et la validation du permis.

Un espoir commun

Pour pallier toutes ces obstacles, le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie attendent beaucoup de la réalisation du projet de chemin de fer Isaka-Keza-Kigali et Keza-Gitega-Musongati et de la réhabilitation du chemin de fer existant (Dar-es-Salam-Isaka). Avec la construction de ce chemin de fer, la liaison Dar es salaam–Burundi sera bonne et courte, ce qui diminuera automatiquement la durée et le coût des transports.

Ce projet dont la rentabilité est justifiée par le besoin en transport va contribuer également au transport des minerais de Nickel de Nyabikere, Waga et Musongati au Burundi évalués à 4,6 millions de tonnes.

Plusieurs défis sont à relever

Pour aboutir à la réussite de ce projet, une bonne collaboration entre ces trois pays et la Communauté Internationale est nécessaire. C’est pour cette raison que j’interpelle les décideurs à entretenir de bonnes relations avec ces derniers dans le but de promouvoir la compétitivité, notamment pour les pays qui n’ont pas accès à la mer.