Il n’existe pas de sot métier

Personne n’aurait pensé qu’il y ait des gens qui gagnent leur vie pendant plus d’une trentaine d’années suite au repassage des habits. La blogueuse Nadège Butoyi en a rencontré un. Témoignage.     

Il ne faut jamais minimiser un travail. L’expérience de Raphaël, 57 ans, le prouve à suffisance. Peu de gens pourraient considérer le repasseur comme un métier. Derrière l’ancien marché de Jabe, dans une petite pièce, des habitants des environs se succèdent les uns aux autres.

Habits à la main, ils arrivent pour que Raphaël leur rende service. Certains, en raison de sa longévité dans ce travail, témoignent de la fidélité dont il fait preuve depuis qu’ils le voient travailler.

Eugène, jeune économiste âgé de 27 ans, fait partie de ceux-là qui ne tarissent pas d’éloges envers Raphaël: «Je l’ai toujours vu dans cette pièce repassant les habits des gens. Et du fait qu’il soit sérieux dans son boulot, tout le monde se confie à lui». Il veille qu’aucun habit ne soit perdu chez lui.

Carine, 38 ans, explique pourquoi elle lui préfère d’autres repasseurs. D’après elle,  Raphaël sait fidéliser les clients : «Il est toujours disposé à rendre un service. Même quand l’on n’a pas d’argent, il ne refuse jamais de repasser les habits de ceux qui les lui donnent».

De son côté, Raphaël affirme qu’il n’y a pas un sot travail. Pour lui, L’essentiel pour tout travail, c’est qu’il procure de l’argent et qu’il fasse vivre ceux qui l’exercent et leurs familles. «Il en est ainsi pour moi sinon je ne l’aurai pas fait pendant tout ce temps». Il se serait essayé à d’autres activités. Ce travail lui permet de pourvoir aux besoins de sa famille composé de cinq enfants. Des fois, il soutient avec peu de moyens quatre orphelins de sa famille.

L’entrepreneur persévère

Raphaël s’étonne que beaucoup de jeunes qui se lancent aujourd’hui dans l’entrepreneuriat veuillent amasser le plus rapidement possible de la fortune. «Ce n’est jamais possible quand l’on travaille dans la transparence».

Ainsi, nombreux finissent par se décourager et lâcher du lest à mi-chemin.  Ce vieux soutient qu’il est facile de parler de l’entrepreneuriat. Cependant, il faut être très courageux pour entreprendre : «L’entrepreneuriat rime avec la persévérance». Il repasse avec un fer à braise et sur chaque habit, il gagne 300 Fbu excepté sur les costumes. Pour ceux-ci, il exige 3000 Fbu.

Comme tout autre entrepreneur, l’idée de faire ce travail lui est venu en tête après avoir constaté que les gens avaient besoin de ce service. «Lorsque j’ai commencé en 1988, j’étais seul. Certains de mes amis, après avoir remarqué que c’était un travail  qui peut faire vivre, ils m’ont rejoint». Ils en sont aujourd’hui à sept.

Raphaël encourage les plus jeunes à initier différentes activités pour faire face au chômage. Il reconnaît tout de même que le début de toute activité est toujours difficile.