Pourquoi le sucre burundais peut rapporter beaucoup de devises au pays ?

Le marché régional de proximité comme le Rwanda, une partie de la République Démocratique du Congo et l’Ouest de la Tanzanie offre des opportunités, étant donné son caractère déficitaire et les prix de vente élevés du sucre. L’exportation du sucre du Burundi pourrait se faire sans taxes du fait de l’appartenance des pays cités à la zone du marché du COMESA et de l’EAC. Le blogueur Lionel Jospin Mugisha en parle dans les lignes suivantes.

Le commerce du sucre au Burundi devra permettre de distribuer à l’Etat une économie de l’ordre de 22,5 millions USD et une participation au Produit intérieur brut (PIB) de 3,0%.

Une étude faite en 2007 témoigne que, le marché du sucre sur le plan national et régional est porteur et offre la possibilité de rentabiliser un investissement important tel que celui pressenti pour la réhabilitation et l’extension de la SOSUMO.  

Le marché régional

Le marché régional dans un rayon de 500 – 600 km autour de Bujumbura est très déficitaire en sucre et les prix y sont bien plus élevés qu’au Burundi. Il s’agit du Rwanda, de l’Est de la RDC surtout le Sud Kivu, et l’Ouest de la Tanzanie (Kigoma). Comme les pays concernés appartiennent à la zone COMESA et a l’EAC, l’exportation peut s’y faire  en principe sans droits de douane ni taxes, sauf la TVA (18 %, cas du Rwanda) ou l’impôt sur le chiffre d’affaires (ICA de 13 % en RDC).

Même l’Ouganda et la Tanzanie (avec 100 – 120.000 tonnes importées/an) sont déficitaires en sucre, malgré une importante production nationale. (Ouganda : 3usines avec une production de 160 – 170.000 tonnes /an mais la consommation annuelle dépasse les 200.000 tonnes. Il importe à peu près 40.000 tonnes).

Il faut savoir que dans ce rayon autour de Bujumbura, il n’y a pas d’usine de production de sucre, sauf au Rwanda – Kabuye Sugar Works avec une production maximum de 4.000 tonnes par an, et la sucrerie de Kiliba près d’Uvira en RDC d’une capacité de 20.000 tonnes/an, mais à l’arrêt de plus de dix ans et en très mauvais état.

Donc, le Burundi  occupe une place stratégique dans cette région de l’Afrique, au milieu d’une zone à haute densité de population de 30 à 40 millions d’habitants. Bref, tout un tas d’éléments pour booster l’économie de notre pays.

Le cercle noir a un rayon de 500 km et le cercle rouge de 600 km

Un effort croissant

La production du sucre au Burundi est entre 20 – 22.000 tonnes. En considérant une consommation de sucre actuellement très basse de l’ordre de 2-3 kg/personne/an, le marché potentiel est de 60.000 tonnes (hypothèse basse) à 120.000 tonnes (hypothèse haute) de sucre par an. Le défi pour la SOSUMO est de saisir ces opportunités intéressantes.

Plusieurs défis sont à relever

Pour compléter les produits exportables, ainsi renflouer les caisses de l’Etat en devises et surtout augmenter la production afin de couvrir tous les marchés, il est nécessaire d’investir beaucoup dans ce domaine. C’est pour cette raison que le gouvernement devrait injecter beaucoup de fonds dans cette filière, en songeant à inciter les hommes d’affaires et banques à s’y mettre, pourquoi pas aussi à la libéralisation totale de la SOSUMO.

Le système libéral permettra de faire face à la concurrence du sucre importé. Le cas échéant, la SOSUMO sera dans l’obligation de rationaliser son outil de production (extension des plantations et de l’usine) et de marketing, en maîtrisant mieux ses coûts et en cherchant davantage de nouvelles opportunités pour assurer sa survie, et pourquoi pas, une croissance de son chiffre d’affaires.