Exportation de l’huile de palme : levier de l’économie burundaise

Le café et le thé sont les deux cultures d’exportation traditionnelles qui rapportent le plus de devises au Burundi. Pourtant, il en existe d’autres qui pourraient aussi constituer un appui de taille à l’économie. Le blogueur Lionel Jospin mise sur le palmier à l’huile.

La filière de palmier à huile est négligée du point de vue exportation, si on la compare à d’autres filières comme le café, le coton et le thé. Le pays exporte jusqu’à ce jour ces produits. Pourtant, le palmier à l’huile peut aussi rapporter au pays d’importantes devises.

L’huile de palme, bien consommé majoritairement par des ménages locaux et par des populations des pays frontaliers, a un impact économique « très appréciable ». Selon les données du  plan national d’investissement agricole, la filière huile de palme au Burundi devra permettre de distribuer aux producteurs plus de huit milliards de Fbu (près de cinq millions USD) chaque année. En plus, cette filière pourr rapporter 25 millions USD et ainsi, contribuer à hauteur de 2,7 % au produit intérieur brut du pays.

Néanmoins, des obstacles persistent. Une étude faite en 2015 par l’office de l’huile de palme (OHP) en témoigne le contraire. Selon cette dernière, le palmier à l’huile a, depuis les années 1983, été envisagé comme pouvant s’ajouter aux traditionnelles cultures d’exportation, en vain. L’étude précise qu’il existe un effectif important de palmiers improductifs en raison de leur vieillesse (62 % de la palmeraie ont plus de 21 ans) ou de leur trop jeune âge (moins de cinq ans). Tout cela explique l’impérieuse nécessité de développer ce sous-secteur.

Le palmier à huile, une culture particulière

Le palmier à huile est une culture de laquelle presque rien n’est jeté. En plus de l’huile de palme tirée de sa pulpe, il y a aussi l’huile de palmiste obtenue industriellement à partir des palmistes. Cet huile est utilisé dans diverses activités de savonnerie, produits cosmétiques, margarines…

Les résidus sont également recherchés et utilisés dans la production des tourteaux pour l’alimentation des animaux domestiques, sans oublier les balais issus des feuillages de palmier beaucoup utilisés dans le pays et très recherché au Rwanda. Bref, tous un tas d’éléments pour booster l’économie du pays.

Un effort croissant

En 2008, le palmier à huile occupait environ 9.000 hectares de la variété améliorée ‘‘Tenera’’ auxquels s’ajoutaient environ 3.000 hectares de palmeraies de variété ‘‘Dura’’. Cependant, le vieillissement des palmiers induisait une baisse régulière de la production et imposait une augmentation de l’importation d’huiles végétales.

Pour une bonne cause, le Burundi a vu sa production d’huile de palme tomber de 18.000 tonnes en 2014 à 16.571 tonnes en 2015. Cette chute, liée à la coupure de vieilles palmeraies dénommées « Dura » devenues moins productives, permettait de rehausser le niveau de productivité, en les remplacer progressivement par des palmeraies de la variété « Tenera », plus rentables.

La replantation permettrait non seulement de satisfaire l’approvisionnement du marché national, mais également de dégager des surplus exportables pour les marchés environnants. Aujourd’hui, les palmiers à huile sont cultivés, sur une superficie de 25.000 ha, éparpillée  dans 10 provinces burundaises sur 18, contre 2 (Bururi, Makamba) en 1980, année des premières cultures.

Plusieurs défis sont à relever

Pour compléter les produits exportables, renflouer les caisses de l’Etat en devises et surtout améliorer les ressources en revenu des producteurs du palmier, il est impérieux d’investir beaucoup dans la lutte phytosanitaire, dans la fertilisation et l’irrigation des palmeraies, dans l’encadrement agricole des palmiculteurs et surtout dans la production, la conservation et la commercialisation de l’huile de palme afin que celle-ci soit compétitive sur les marchés international.

Le gouvernement devrait injecter beaucoup de fonds dans cette filière, en songeant à mettre en place des usines de transformation et inciter les hommes d’affaires et banques, à investir dans la filière.

En ce moment où la culture de coton, qui générait aussi des devises par le passé est aujourd’hui en perte de vitesse, la filière du palmier à l’huile peut le substituer valablement. Ainsi, tout le monde en tirera profit.