CENTRE FOR DEVELOPMENT AND ENTERPRISES GREAT LAKES Campagne Birashoboka Et si l’API rendrait l’enregistrement des entreprises gratuit ?

Et si l’API rendrait l’enregistrement des entreprises gratuit ?



La réduction des frais d’enregistrement d’une entreprise au Burundi est à saluer. Il est passé de 140 milles à 40 milles FBU. Néanmoins, avoir les 40 milles FBU demeure encore une épine dans le talon de bon nombre de potentiels entrepreneurs. C’est le cas de la société Common Vision Company (CVC). Le PDG de cette société nous en témoigne.

Alain Jupin Manirampaye est Président Directeur Général de la société Common Vision Company. Œuvrant à Gatumba, l’entreprise est une association de cinquante jeunes. Ils se sont regroupés pour se créer de l’emploi à travers l’entrepreneuriat. L’entreprise possède déjà un poulailler de plus de 450 poules, et a innové l’industrie du thé, en produisant du thé à partir des feuilles et noyaux d’avocat.

Selon Alain Jupin Manirampaye, le début a traîné car ils ont peiné à avoir les frais d’enregistrement à l’API. « Vu que nous sommes encore étudiants et la plupart étant orphelins, ça a été un défi d’avoir les 40 000 FBU pour l’enregistrement de notre entreprise ». Il dévoile que la société a eu aussi des difficultés budgétaires au lancement. « Nous avons démarré avec un petit capital de 20 000 FBU à partir de petites choses que nous avons vendu. Comment aurions-nous fait pour avoir les 40 000 FBU ? » Se demande le directeur général.

Gratuité de l’enregistrement, une nécessité

Pour la promotion de l’entreprenariat au Burundi, les efforts de réduction des frais d’enregistrement d’une entreprise sont à saluer. Mais, les défis subsistent. Pour le PDG de CVC, les jeunes entrepreneurs débutant sont découragés par leurs aînées. Comme s’ils entreprenaient l’impossible. A ce point, ils ne peuvent même pas décrocher 1000 FBU, 2000 FBU ou 10 000 FBU. Même les parents les taxent d’escroc et d’inimaginable. « Alors, comment trouver les 40 000 FBU ? » redemande encore Alain Jupin.

Selon lui, les frais d’enregistrements devraient être revus, à tel point qu’un jeune désirant démarrer son entreprise le fasse enregistrer gratuitement dans la légalité, et recevoir un encadrement pour la réussite de son projet, comme l’ont fait les autres pays qui ont évolué.

À bas la comparaison

L’entreprise CVC a le certificat de produire le thé à partir des feuilles et noyau d’avocat, mais n’a pas encore la certification de vente. Que ce soit au Burundi ou à l’étranger. Le manque des frais de certification en est la cause. Le PDG de cette entreprise les jugeant exorbitants, il lance un appel au gouvernement et aux décideurs juridiques, d’arrêter de les confondre avec les anciens et grands entrepreneurs qui ont des moyens financiers suffisants pour la certification. Par-là, il prône qu’il y est des lois en faveur des entrepreneurs débutants, pour qu’ils puissent être facilités, afin qu’un jour, ils puissent avoir cette certification à bas prix.

La CVC a souffert de tous ces défis. Pour préserver les générations futures d’entrepreneurs, Alain Jupin Manirampaye prône la gratuité de l’enregistrement d’une entreprise et la réduction de la certification, afin d’aider encore plus à la promotion de l’entrepreneuriat au Burundi.