CENTRE FOR DEVELOPMENT AND ENTERPRISES GREAT LAKES libre-échange Du monopole à la concurrence monopolistique : une voie vers le bien-être des consommateurs

Du monopole à la concurrence monopolistique : une voie vers le bien-être des consommateurs



Comme partout, on trouve au Burundi beaucoup d’entreprises tant publiques que privées. Certaines sont en situation de concurrence et d’autres de monopole. Notre collègue Kelvin Ndihokubwayo explique comment les entreprises monopoleuses font obstruction au bien-être des consommateurs.

Dans la logique d’un marché, tout vendeur veut gagner et gagner le plus qu’il peut. Et tout acheteur voudrait acheter au plus bas prix. Or, en situation de monopole, il existe un seul vendeur qui a le droit de veto dans la fixation du prix de son produit. D’où le problème prend naissance.

Dans un contexte de monopole, la forme de négociation du prix devient alors ‘‘c’est à prendre ou à laisser’’. Le vendeur fixe ses conditions et l’acheteur n’a d’autre choix que d’accepter ou de refuser. On comprendra donc que, en achetant le consommateur sera forcé par le besoin.

Comme l’intérêt du monopoleur c’est de gagner beaucoup, en faisant peu sur l’aspect d’innovation, les entreprises monopoleuses en produisant ne se soucient pas de la quantité demandée mais des profits. C’est en jouant sur la rareté qu’ils parviennent à hausser  les prix.

Néanmoins, chaque entreprise cherche des profits. C’est pourquoi les autres investisseurs ne restent pas indifférents. Ils cherchent à envahir ce marché à la recherche de ses profits et il en résultera une concurrence monopolistique.

Concurrence monopolistique et bien être

Partons d’un exemple. Au Burundi, depuis les années 1997, le marché des télécommunications, était dominé par la société ONATEL. En téléphonant, les consommateurs étaient forcés par le besoin. Il n’y avait pas d’alternative. Seul les gens vivant dans le milieu urbain bénéficient de ce marché.

Actuellement, avec la libéralisation du marché des télécommunications, le paysage des sociétés de télécommunications comprend quatre sociétés opérationnelles à savoir ONATEL, ECONET-LEO, LACELL et VIETTEL Burundi.

Mais, même si le taux de couverture national reste encore en peu faible, on peut voir qu’avec ces entreprises concurrentes, il y a une amélioration sur ce marché. Concernant la connexion, nous avons droit à un choix aux différentes propositions en analysant la compétitivité prix et la compétitivité qualité grâce à cette concurrence.

Défis à relever

Les intérêts du vendeur et de l’acheteur sont contradictoires. Il en résulte que l’intérêt de tous n’est pas de vendre au plus haut prix et d’acheter au plus bas prix, mais de vendre et d’acheter au vrai prix. Ce vrai prix est donc le seul qui concilie les intérêts de tous les membres de la société. Donc, il faut un plus grand nombre possible de marchands.

Et pour que cela soit possible il faut améliorer le climat des affaires au Burundi en vue de la création d’entreprises pouvant faire concurrence à ces monopoleurs car avec la concurrence, il y a différenciation des prix.

Par ailleurs, c’est cette différentiation qui guide le choix des ménages vers le produit le moins cher, et qui pousse tous les producteurs à chercher à faire baisser leurs prix de vente. Ce mécanisme bénéficie donc aux consommateurs car ils ont ainsi accès à une plus grande palette de biens et de services lui permettant de satisfaire ses besoins tout en distinguant des autres.