CENTRE FOR DEVELOPMENT AND ENTERPRISES GREAT LAKES Campagne Birashoboka «Entreprendre au féminin »: ce n’est pas encore gagné au Burundi

«Entreprendre au féminin »: ce n’est pas encore gagné au Burundi



Les jeunes manifestent un engouement envers des initiatives entrepreneuriales. Cependant la représentation féminine reste très faible contrairement aux autres pays où les femmes prennent le dessus. Notre collègue Patrick Nimpagaritse affirme que le développement est conditionné notamment par l’égalité entre femmes et hommes.

Si l’Afrique est la seule région au monde où plus de femmes que d’hommes choisissent la voie de l’entrepreneuriat, comme le rapporte la banque mondiale force est de souligner  qu’au Burundi peu de femmes se lancent dans l’entreprenariat. Mais cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas dans le pays de Ntare Rushatsi. D’ailleurs, les femmes entrepreneures sont aujourd’hui plus nombreuses que d’il y a dix ans  même si elles se heurtent  à beaucoup plus de problèmes. Entre autres l’accès aux services financiers.

En effet, Selon toujours la banque mondiale,  l’accès aux services financiers constitue l’un des principaux obstacles à l’entreprenariat féminin.

A en croire cette institution,  près de 70 % de Petites et Moyennes Entreprises (PME) détenues par des femmes dans les pays en voie de développement sont exclues par les établissements financiers ou ne sont pas à mesure de recevoir des services financiers assortis de conditions adéquates pour satisfaire leurs besoins  

Et des données récoltées par la même banque sur une période de dix pays indiquent qu’en moyenne les entreprises appartenant à des hommes bénéficient de six fois plus de capitaux que celles aux mains de femmes. Ce qui n’est pas sans affecter leurs capacités à obtenir des prêts de taille moyenne et donc la croissance de leurs entreprises.

Une réalité qui n’épargne pas le Burundi

Car, d’après le  Rapport d’enquête sur l’offre des services financiers formels au Burundi au 31 décembre 2015 les femmes accèdent aux crédits moins que les hommes pour les clients individuels. Ainsi, au 31 décembre 2015, 77,94 % (contre 60,16 % en 2014) de l’encours de crédits aux clients individuels appartiennent aux hommes et 22,06 %  (contre 39,84 % en 2014) aux femmes. 

Même si  la tendance s’inverse pour ceux en associations (46,62 %  en 2015 contre 76,83 % en 2014 sont accordés aux hommes et 53,38 %  contre 23,17 % en 2014  aux femmes), cela ne doit pas occulter une réalité frappante : pour l’ensemble du secteur,  77,37 % de l’encours de crédits appartiennent aux hommes tandis que 22,63 % reviennent aux femmes.

Des avancées, mais…

Il est vrai,  au Burundi, ces dernières années, une certaine évolution de l’engagement des acteurs du développement en faveur du genre ainsi qu’une certaine reconnaissance de la centralité de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes dans le développement durable sont à saluer. Toutefois, l’intégration effective du genre dans les programmes de développement reste une étape à franchir.  

Et comme le suggère le Programme des Nation-Unies pour Développement « l’égalité entre hommes et femmes va de pair avec la question des droits de l’homme et fait progresser le développement. Si les femmes et les filles ne parviennent pas à réaliser pleinement leurs droits dans une sphère de vie, alors le développement humain ne sera pas atteint ».

Un clin d’œil donc aux pouvoir publics de prendre en main la question de l’autonomisation des femmes. Et ceci passe en partie par la facilitation de  leur insertion dans le monde de l’entrepreneuriat.