Delphin Kaze, l’apôtre du charbon écologique



L’utilisation du bois comme principale source d’énergie dans le chauffage et dans la cuisson nuit à l’environnement. A la découverte de Kaze Green Economy (KAGE) avec notre collègue Guillaume Muhoza, une entreprise pour la réduction de la consommation en bois.

A Gitega, au centre du pays en 2018, Delphin Kaze lance Kaze Green Economy (KAGE), une entreprise née pour pallier le défi de déforestation causée par la production du charbon sur base du bois.  

Le rapport Bois et Forêts des tropiques de 2016 mettait à jours un bilan alarmant sur l’utilisation du bois comme source d’énergie au Burundi, source qui constituait à l’époque 96,5% des ressources énergétiques.

Sur 171. 625 ha de couvert national forestier, entre 5.236 et 6.980 ha étaient détruits chaque année pour alimenter les ménages en charbon.

Kabiof pour pallier

Delphin Kaze, 23ans, étudiant à l’Université Polytechnique de Gitega en Climat Biodiversité, l’écologie lui tient sous le charme.

En 2017, il fait la recherche sur un type de charbon qui réduirait la déforestation au Burundi. En mode solo, il lance son entreprise en 2018 en vue de réduire la consommation du bois dans la cuisson.

Il commence par des déchets ménagers qu’il trouve à la maison et fabrique du charbon qu’il nomme Kaze Bio-fuel Charcoal ou Kabiof tout court.

Kabiof s’améliore

Ayant commencé par la fabrication du charbon dans les déchets solides biodégradables, KAGE trouve après que le produit qui en résulte nécessite une nouvelle touche avant de le mettre sur le marché. Petit à petit, il arrivera à en fabriquer à base des restes du maïs.  

Kabiof présente multiples avantages

Un kg de son produit est vendu à  300Fbu. Une briquette met 2h pour se consumer définitivement, ce qui en nécessite seulement 8 pour cuire du haricot.

Didace, un fidèle client de KAGE témoigne : «J’utilise Kabiof, ce sont de bons charbons. Avec Kabiof finis les soucis de voir se noircir ses marmites ».

Le secret de commencer, c’est commencer

Delphin Kaze conseille aux jeunes entrepreneurs burundais en quête de sponsors de se lancer avec les moyens à leur disposition : «Que le projet soit bien écrit ou non, personne ne te financera si tu n’as pas encore commencé », estime-t-il. Pour lui, un visionnaire n’a pas besoin de placer la barre haut avant de commencer, la discipline et la détermination comptent.

Moi j’ai commencé avec le bouquet illimité de 5000FBu, en faisant la recherche sur Youtube alors que les autres achètent des crédits pour regarder les derniers films, etc. Assure celui qui projette de voir son entreprise devenir le pionnier du recyclage au Burundi.

Delphin Kaze tient à souligner tout de même que l’entrepreneuriat n’est pas un fleuve tranquille. Il témoigne avoir fait face aux réticences même de la part de sa famille. Celle-ci ne sera convaincue qu’après avoir vu que son charbon pouvait faire bouillir au moins de l’eau.

KAGE est aujourd’hui une entreprise avec un personnel de 5 personnes dont trois 3 d’entre eux mariés.

Comme Gilbert Nkurunziza, un autre blogueur du CDE, le soulignait dans son texte le mois passé, il faut faire de l’Internet, un outil d’apprentissage notamment en entrepreneuriat.