Volontariat, programme à encourager face à l’exigence d’expérience

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Ce n’est pas facile de trouver un emploi au Burundi, un pays où le marché du travail exige des années d’expérience. Les démarches à suivre pour trouver un travail nécessitent au moins deux à cinq ans d’expérience professionnelle. Le blogueur Lionel-Jospin Mugisha évoque un obstacle pour de milliers de jeunes pour accéder à l’emploi.  

Les appels d’offres paraissant sur les sites internet comme Inter contact Services, Net PressBurundi jobs et Ikibaho exigent souvent une expérience d’une période comprise entre deux et sept ans. Ainsi, la liberté de candidature pour les jeunes fraîchement  diplômés leur est privée. Certains peuvent passer plus de cinq ans avant de trouver le premier emploi.  

Le manque d’expérience professionnelle est le premier frein à l’embauche selon les jeunes. Elie en témoigne : «J’ai terminé mon cursus universitaire en 2010 à l’Université du Burundi dans la faculté d’agronomie (Facagro) et  j’ai passé 7 ans sans emploi. Durant toute  ces 7 ans j’ai essayé de postuler, mais aucune issue favorable. C’est pour cette raison que j’ai pensé à un stage professionnel. Malheureusement, j’ai constaté que ce n’était pas aussi facile que ça en avait l’air. La plupart d’organismes n’accordent des stages professionnels qu’aux gens qui leur sont recommandés».

Le taux de chômage est en hausse chaque année, en particulier dans les zones urbaines. Chez les jeunes, le chômage est trois fois plus élevé que chez les personnes âgées de 35 ans et plus. En Mairie de Bujumbura, 86,1% des chômeurs ont entre 15 et 30 ans

Deux jeunes primo-demandeurs sur trois (66%) sont au chômage. Le taux est encore plus élevé chez les filles qui sont pour 70%. La durée de chômage au Burundi est en moyenne de 5 ans. Elle est de 4 ans et demi pour les jeunes hommes primo-demandeurs d’emploi et de presque 6 ans pour les jeunes filles à la recherche de leurs premiers emplois.

Stage professionnel, un des solutions.

Dans ce monde ou le marché du travail exige des années d’expérience, il est primordial d’aider les jeunes diplômés n’ayant pas encore d’expérience professionnelle. Dans cette optique,  les organisations non-gouvernementale comme ZOA Burundi, Office Burundaise de l’emploi et de la main d’œuvre et Agence burundaise pour l’emploi des jeunes, offrent des opportunités aux jeunes diplômés sous forme de stages rémunérés (35 USD) pour lever l’entrave d’expérience professionnelle qui limite la liberté des jeunes à l’emploie.

Les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, qu’il soit public ou privé, ont des qualifications, des connaissances et des compétences, qui pourraient être très utiles pour aider le pays à lutter contre la pauvreté et consolider la paix. Mais à cause de l’expérience qu’exige le marché de travail, ces derniers se retrouvent coincés devant un mystère sérieux. Le manque d’expérience. L’État devrait encourager les autres organismes à suivre ce bel exemple.

Entreprenariat : Programme conjoint proposé

La création de l’emploi n’est pas une équation mathématique car c’est un projet qui nécessite des investissements. Au lieu de rester les bras croisés, les jeunes devraient accepter les tâches même s’ils ne les jugent pas dignes de leurs diplômes.  Le gouvernement devrait aussi favoriser un climat des affaires entrepreneuriales sans barrières chez les jeunes. Comme ça, le problème de l’expérience ne sera pas le cas car on sera son propre patron voire même patrons des autres. 

Selon les projections, la population en âge de travailler aurait augmenté de 96,7% en 2030. Le pays aura besoin de l’énergie et du temps de tous ces concitoyens et surtout de sa jeunesse qualifiée.