Quand la libéralisation de la filière thé améliore la production

  • 60
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    60
    Shares

Dans la Communauté Est-Africaine, si on considère la variable superficie occupée par la plantation théicole, le Kenya vient en tête, suivi par le Burundi (cfrl’IDEC, cahier du Curdes, dans son N°10 p. 12).
En 2013, le Burundi occupait la 3ème place dans les pays de l’Afrique de l’Est derrière le Kenya et l’Ouganda et devant la Tanzanie et le Rwanda avec une production de 41.817 tonnes de thé.


Le Kenya, source d’inspiration

Si le thé est cultivé aujourd’hui dans une douzaine de pays sur le continent, un seul d’entre eux peut se targuer d’avoir intégré le top 3 des producteurs mondiaux :le Kenya.

Cet Etat de l’Afrique de l’Est est en effet le troisième producteur derrière la Chine et l’Inde avec une production de 475.300 tonnes en 2016 qui représente près de 10% de la production mondiale. Preuve du dynamisme du secteur dans le pays. La quantité des produits exportés a atteint 436.924 tonnes en 2016.

Des recettes d’exportation, qui d’après le FAO, ont contribué de manière significative au financement de l’importation des produits alimentaires. Au Kenya, 1,15 milliards de dollars américains de bénéfice ont ainsi financé plus de 60% des importations alimentaires du pays en 2014. Une manne non négligeable, qui fait travailler aujourd’hui près de 275.000 exploitants sur 150.000 hectares.  

Coup de projecteur sur l’organisation

Il est nécessaire de revenir sur les moyens que le Kenya déploie. Les organisations coopératives sont représentées par deux grandes entités dont une qui réunit les grands producteurs et l’autre, les petits.


Ces coopératives prennent en charge l’approvisionnement en intrants, la production des plants, la collecte, l’usinage, l’entreposage, et la commercialisation du thé noir selon les mêmes modalités que le Burundi.


Mais, c’est l’OTB (Office du Thé du Burundi), une entreprise publique, qui prend en charge une grande partie de ce travail au Burundi. Or, l’expérience montre que la gestion publique est la moins efficace. Il suffit d’analyser l’exemple du Rwanda pour le comprendre (comparaison des différents profils institutionnels du thé au Rwanda. IDEC, cahier du Curdes, n°10 pge14).


Si le Burundi libéralisait le secteur du thé comme le Kenya, la production augmenterait et cela relèverait le niveau de vie du théiculteur. La preuve en est que depuis l’intervention du PROTHEM, entreprise privée qui réalise le projet théicole en province de Mwaro depuis 2011, l’OTB a été obligé de revoir à la hausse les prix.