CENTRE FOR DEVELOPMENT AND ENTERPRISES GREAT LAKES Général Cycle de master au Burundi : système BMD mal compris ?

Cycle de master au Burundi : système BMD mal compris ?



L’Université du Burundi et l’Ecole Normale Supérieure sont les institutions publiques d’enseignement supérieur qui, aujourd’hui, dispensent depuis cinq mois la formation de deuxième cycle. Pour le blogueur Lambert Hakuziyaremye, il faut réorganiser cette formation pour que les résultats escomptés soient atteints.

La réussite d’un concours était obligatoire pour accéder à cette formation, ce qui ne se fait pas sous d’autres cieux. Pas d’innovation au niveau des infrastructures et équipement pour un environnement propice à la recherche, pas de séparation claire par rapport à ce qui était organisé au niveau du premier cycle.

Le cycle de master est un niveau de formation  qui confère à un grade académique d’un niveau élevé. Il requiert une organisation très stricte, des infrastructures nécessaires pour les étudiants, ce cycle doit s’inscrire dans les normes et standards internationaux. Par rapport au concours d’entrée, il y a lieu de se demander pourquoi ce dernier car nul part au monde, il est prévu un tel concours.

Je suis un étudiant dans l’un des masters ouverts, notre master a eu la chance d’avoir un soutien étranger. Nous avons une bibliothèque particulière bien équipée, mais les conditions de vie des étudiants ne leur permettent pas d’exploiter efficacement cette source de connaissance, « avant de lire il faut vivre » disent certains étudiants.  Dans les autres offres de formation, les auditoires n’ont pas changé, pas de salle d’informatique, pas d’abonnement sur internet,…

Des masters transversaux : difficultés  des pré-requis

La formation du second cycle doit être en continuité avec celle du premier cycle. Cependant, avec le caractère transversal des masters mis en place, le concours s’est porté sur des connaissances générales au lieu des connaissances spécifiques dans un domaine. Cela a eu comme effet, des étudiants ont été admis dans des masters  ne correspondant pas à leur formation initiale.

L’exemple c’est le master en société, pouvoir, territoire et développement durable qui regroupent des historiens, des politologues, des géographes (environnement, aménagement, démographie). En socio-anthropologie, il y a ceux qui proviennent de la psychologie, des Etudes Africaines, de la Littérature Anglaise, de la sociologie, de l’histoire et de la science politique. Cela cause un problème de mise en niveau surtout que le master devrait être une spécialisation dans un domaine précis avec des pré-requis.

L’autre aspect qui nécessite une mise en évidence, c’est l’ouverture des masters qui donnent des possibilités au pays à une ouverture au monde. Cependant, ces masters (économie internationale, droit des affaires, communication interculturelle et traduction,…) bien qu’ils aient été proposés par les techniciens, ils ont été sacrifiés au profit des sciences exactes.

Je pense que pour un développement intégral et durable, les sciences sociales doivent mériter leur place car tout développement met au centre l’homme dans la société (ses aspirations, ses besoins). Les études de droit restent beaucoup organisées à l’Université du Burundi qu’ailleurs, avec le premier cycle, le lauréat juriste n’est pas recevable au barreau, aucun master en droit n’a été ouvert, c’est condamner ces étudiants aux chômages.

In fine, Un professeur de l’Université du Burundi sous anonymat, suggère une correction le plus tôt possible. Et d’ajouter qu’il faut être suffisamment ouvert en mettant en place des masters attractifs pour les étudiants étrangers.