Vous avez dit concurrence déloyale ?



Depuis quelques jours, l’agence de transport  Memento accuse Volcano Express (une autre société de transport) de concurrence déloyale. Pour le blogueur Patrick Nimpagaritse, cette incompréhension entre les deux agences fait preuve d’une nécessité de la sensibilisation à l’intention des entreprises burundaises sur l’importance de la concurrence

Tout commence après que Volcano a  introduit ses bus à l’Est du Burundi, précisément sur l’axe Gitega-Ruyigi-Cankuzo. C’est un axe que Memento dit avoir initié au moment où «volcano ne voulait pas s’y engager».

Des accusations rejetées en bloc par cette dernière. Selon Volcano express, si elle a engagé ses bus sur cet axe, c’est sur l’autorisation du ministère ayant les transports  dans ses attributions. Et paradoxalement, glisse Abdoul Mugisha, Directeur Général de Volcano Express, «Memonto est implanté aussi sur des axes où nous l’avons précédé, ceux du nord du Burundi.»

Des accusations qui ne passent pas chez les internautes

Si le ministère de tutelle n’a pas encore réagi, les internautes eux, se sont emparés de la question. Sur la page du site Ikiriho  qui a relayé cette information, les commentaires tranchent en faveur de Volcano.

Selon eux, les accusations de Memento à l’endroit de Volcano n’ont pas lieu d’être. Ils concluent que le patron de Memento craigne la concurrence. Avant d’encourager d’autres investisseurs de s’intéresser au secteur des transports qui reste inexploité au Burundi.

La concurrence, ça ne fait pas de mal à personne

Ce conflit Memento-Volcano est révélateur d’un fait. Au Burundi, les opérateurs économiques ne sont pas encore habitués à la concurrence. Contrairement aux autres pays de la région, la concurrence n’est pas encore une réalité dans le système économique burundais.

Si la présence de Memento et de Volcano est une aubaine pour les voyageurs burundais, ce conflit vient nous rappeler que la concurrence n’est pas appréciée par les entreprises.

Les transports publics étant des plus rudimentaires, surtout en mairie de Bujumbura, il est plus qu’une nécessité de moderniser ce secteur. Et là, parier qu’un seul investisseur ne peut pas relever le défi ne serait pas une exagération.

Il faut donc une concurrence. A côté d’un service de qualité qu’elle offrirait, les consommateurs auront le choix entre divers services et le cas échéant le prix du ticket de transport  pourrait se retrouver revu à la baisse.