CENTRE FOR DEVELOPMENT AND ENTERPRISES GREAT LAKES R.D.C RDC : Carnet d’un jeune congolais fâché contre les intellectuels

RDC : Carnet d’un jeune congolais fâché contre les intellectuels



Toute personne a droit à l’expression surtout celle de s’exprimer sur la gestion de son pays. Particulièrement, l’intelligentsia a le devoir d’éclairer sinon d’inspirer les dirigeants. Le Blogueur Adalbert Bulenda appelle les intellectuels congolais à jouer leur rôle : «Ils ont raté l’occasion de contribuer à la bonne marche de la démocratie de la RDC».

Les intellectuels sont appelés à se prononcer librement pour le bien-être collectif. Cela est loin d’être le cas en RDC. Succombant à la peur, l’élite congolaise se contente d’applaudir des décisions politiques qui à la limite frise le ridicule. Des exemples illustrant ce manque de liberté dans l’analyse scientifique des décisions politiques sont légion. On en a relevé deux cas emblématiques dans le domaine agricole et juridique.

L’affectation en 2009 par le gouvernement de 278 tracteurs au Sud-Kivu selon le Conseil régional des organisations non gouvernementales de Développement (CRONGD). L’objectif de cette action était de relancer l’agriculture dans cette province.

Cette décision politique d’un point de vue scientifique s’avère une aberration. Selon une étude sur le tracteur au Sud-Kivu menée par le CRONGD, le relief du Sud-Kivu en grande partie montagneux n’a pas permis une utilisation efficiente de ces tracteurs. La même étude précise que les agriculteurs ne disposent pas de moyens pour assurer la maintenance de leurs engins.

Entre autres conséquence de cette acquisition, la République a perdu des millions de dollars. Un grand nombre de ces tracteurs ne sont pas utilisés. Les experts de la mécanisation agricole travaillant dans les institutions de recherche agricole au pays par peur d’attrister l’autorité n’ont pas eu le courage de désavouer cette décision.

Réveillez-vous…

L’interprétation de l’article 70 de la Constitution faite par des membres de la Cour constitutionnelle est un autre cas évocateur de l’incapacité criante de l’intelligentsia congolaise pour faire usage de sa liberté d’expression. Cet article prévoit que le président de la République reste en fonction jusqu’à son remplacement effectif par un président élu.

La lecture de cette disposition ne devrait pas être détachée de l’ensemble de la Constitution qui prévoit que le mandat du président est de 5 ans renouvelable une fois. Cette décision de la Cour constitutionnelle saisie par la mouvance présidentielle, n’avait que pour but la prorogation du mandat du président en place.

Ces intellectuels ont raté l’occasion de contribuer à la bonne marche démocratique de la RDC par une expression libre. «La liberté crée la prospérité. Elle libère le talent humain, l’invention et l’innovation, et crée la richesse là où elle n’existait pas auparavant», dixit Eamon Butler dans Les Fondations d’une société libre.

A la lumière de cette citation, les intellectuels congolais ont tout intérêt à faire usage de leur liberté. Ils doivent donner leur opinion en s’appuyant sur des bases scientifiques et non sur les désirs des politiciens mal intentionnés.